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Quand le persécuté devient Persécuteur !
Max Barret, éditeur du Courrier de Tychique nous révèle les dernières attaques de l’abbé Régis de Cacqueray à son encontre. Après les insultes de Suresnes contre Max Barret c’est maintenant les poursuites judiciaires !
L’abbé de Cacqueray, de “persécuté” devient persécuteur…

Le Courrier de Tychique
Flash
- 8 juin 2010 -
Cette date restera gravée dans ma mémoire jusqu’à ma mort !
Aujourd’hui, en effet – 8 juin 2010 – j’ai comparu pour la première fois devant un Tribunal de Grande Instance, pour répondre à l’assignation qui m’a été signifiée par huissier, à la requête de M. l’abbé de Cacqueray, Supérieur du District de France de la FSSP X – que je soutiens et défends depuis sa fondation – et de M. l’abbé Duverger, gérant de la SCI de la Ste Croix .
Objet de la demande : expulsion de l’Association Familiale et Culturelle Bresse Dombes (AFCBD) (fondée en 1977 à la demande du R. P. Eugène) de l’ensemble immobilier baptisé « Prieuré St-Vincent de Paul – Chapelle du Sacré-Cœur », béni par SE Mgr Lefebvre, ensemble qui avait été acheté, entièrement transformé et aménagé – c’était une usine – par cette Association avant d’être mise à la disposition de la FSSP X pour son apostolat. Réalisation qui ne put se faire que grâce à l’engagement total de l’AFCBD dont les membres se dépensèrent sans compter tant pour recueillir les fonds nécessaires en vue d’honorer les mensualités de l’emprunt effectué, que pour assurer eux-mêmes les travaux d’aménagement ou payer les entreprises qui en furent chargées.
Depuis 1988, soit pendant 22 ans, l’AFCBD assure la gestion totale de ce tènement immobilier sur le plan financier, matériel, administratif, relationnel payant, entre autres, toutes les charges incombant au propriétaire… Plusieurs économes de Suresnes les ont félicités de la qualité de leur gestion.
Mais cette Association est grevée d’une lourde tare. Son président n’est autre que le rédacteur du « Courrier de Tychique » ! C’est lui qui l’a fondée !… Vice rédhibitoire… Bien que la majeure partie des fidèles de la chapelle n’en soient pas des lecteurs, bien que certains d’entre eux en désapprouvent même les propos, bien que les autres y soient tout à fait indifférents, preuve que ce document n’a aucun lien ni le moindre rapport avec ces fidèles, il faut, pour chasser et anéantir l’importun, en expulser tous les membres de l’Association. Pour un « ennemi » on casse tout ! Une communauté vivante, que tous les fidèles de passage s’accordent à reconnaître comme chaleureuse, accueillante, enthousiaste ! Et pour ce faire, Messieurs les abbés de Suresnes ont eu recours, apparemment sans état d’âme, aux tribunaux de la République, enfreignant ainsi les prescriptions de St Paul, (I – III – 6-18) (reproduction au verso). Et ils étaient pressés, puisqu’ils ont choisi le recours à une procédure de référé !… Pour rien !… Ce n’est pas le moins cocasse !…
Lorsque, au début des années 60 je me suis lancé dans le combat, mes pourfendeurs, s’ils étaient nés, en étaient encore à se livrer à des coloriages infantiles sur les genoux de leur mère. Dieu seul sait le nombre de lettres que j’ai adressées à des clercs en mal de modernisme ! J’avais même rédigé une lettre à Jean Paul II ! Elle lui fut remise en mains propres par un de nos « Scouts Catholiques » lors de leur voyage à Rome (1983). L’épisode est raconté dans un livre souvenir : « Par ailleurs, une audience avec le pape avait été prévue. M. Barret lui avait adressé une lettre comme il sait les rédiger. Brice (actuellement Bénédictin – vocation de notre chapelle !) a tendu la lettre au Saint Père, mais… un prélat s’en est emparé ! » Une photo très nette illustre le fait. Ces cinquante années de combats m’ont valu bien des déboires… On ne m’a guère épargné, mais j’affirme avec force que je n’ai jamais eu à souffrir, de la part des modernistes, un tel torrent de haine que celui qui me submerge aujourd’hui, de la part de ceux en faveur desquels j’ai toujours combattu ! Que Dieu veuille bien leur pardonner leur égarement !
Mais si les larmes coulent sur mes joues, si mon cœur saigne, si ma terrible souffrance atteint aussi et détruit psychiquement ma fidèle épouse, la carapace tient bon ! Et ils s’y casseront les dents ! Car je ne renierai jamais mon engagement !
Fidélité à Dieu, à sa Très Sainte Mère, et au Christ-Roi !
Fidélité à Mgr Lefebvre et à son enseignement !
Fidélité à la FSSP X… si elle n’abandonne pas le bon combat !
Max Barret
Première épître de St Paul aux Corinthiens (VI – II – 6-8)
« L’appel aux tribunaux païens »
« Quand l’un de vous a un différend avec un autre, ose-t-il bien aller en justice devant les méchants, et non devant les saints ? Ou bien ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ?
« Et si c’est par vous que le monde doit être jugé, êtes-vous indignes de juger les moindres choses ?
« Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges ? A plus forte raison les affaires de cette vie !
« Et quand vous avez là-dessus des litiges, vous allez prendre pour juges des gens que l’Eglise méprise !
« Je le dis à votre honte ; ainsi il n’y a parmi vous aucun homme sage qui puisse servir d’arbitre entre ses frères !
« Mais on va en justice frère contre frère, et cela devant les infidèles ! De toute façon c’est déjà une défaite que d’avoir entre vous des procès. Pourquoi ne pas souffrir plutôt l’injustice ? Pourquoi ne pas vous laisser plutôt dépouiller ?
« Mais non, c’est vous qui pratiquez l’injustice et dépouillez les autres ; et ce sont des frères ! »
†
Télécharger le document. A diffuser largement…
Réfutation par Bruno Saglio (ESR) des erreurs de l’abbé Gleize (FSSPX)
Nous revenons sur la dernière publication de la revue La Voix des Francs Catholiques, N° 16 des Éditions Saint-Remi, dans laquelle Monsieur Bruno Saglio corrige les erreurs de l’abbé Jean-Michel Gleize présenté comme un « gros travailleur et particulièrement intelligent » par le site www.summorum-pontificum.fr ! de tendance Ecclesia Dei-pro-Benoît-XVI.
Nous pouvons constater effectivement son “niveau de compétence” dans ses allégations sur l’Infaillibilité Pontificale, sur le pape Honorius et sur Saint Libère – toujours la même rengaine coté FSSPX ! – :
Jean-Michel Gleize démontre à la fois son ignorance et son manque de respect scrupuleux de la probité intellectuelle.
Dans la revue (FSSPX) VU DE HAUT, N° 14, automne 2008, l’abbé Gleize, dans son désir de vouloir insinuer que les Papes légitimes ont pu, dans le passé, se tromper en matière de Foi ou en des domaines touchant à la Foi, a publié un article où il ne craint pas de ressusciter les fausses allégations historiques et les arguments et commentaires fallacieux et controuvés, brandis déjà il y a plus de 130 ans avec impudence par les ennemis hérétiques de la constitution dogmatique Pastor aeternus qui a défini le Dogme de l’Infaillibilité pontificale, et qui fut promulguée en 1870 par le Pape Pie IX lors du Concile Vatican I à Rome.
Dans cet article, il est conduit, pour les besoins de sa cause, à mettre en doute fallacieusement la fiabilité des plus grands historiens de l’Église tels Darras et Rohrbacher, et dans cette tentative démontre à la fois son ignorance et son manque de respect scrupuleux de la probité intellectuelle.
Il est pourtant professeur à Écône, et membre de la prétendue « commission théologique » de la Fraternité saint Pie X : il a en effet été chargé par Mgr Fellay – lequel a déjà montré récemment lui aussi sa profonde ignorance et sa malhonnêteté intellectuelle sur ce même sujet historique – des prétendues « négociations doctrinales » avec la Rome moderniste, « œcuménique » mondialiste maçonnique de l’abbé apostat Ratzinger-Benoît XVI.
L’éditeur Bruno Saglio, ancien séminariste d’Écône, lui répond et le réfute comme il le mérite dans le dernier numéro de la revue « La Voix des Francs catholiques », n°16, avril 2010 : voici cette réponse de Bruno Saglio, l’article de l’abbé Gleize étant placé en annexe.
Source : Virgo-Maria.org
Précisons que Bruno Saglio a été renvoyé du séminaire d’Écône pour n’avoir pas accepté le Serment (ou pacte ?) de « Déclaration de Fidélité aux Positions de la Fraternité Saint Pie X ».
Par un tel serment, tous les prêtres de la FSSPX s’obligent à partager et cautionner le comportement scandaleux et hérétique de NN.SS. Fellay, Tissier, de Galarreta et Williamson. Un prêtre, ancien de la FSSPX, disait que tout semble indiquer que cette Fraternité est comme “envoûtée”. Ne serait-ce pas à cause de ce serment qui est comme un pacte, et les lient à cette secte Conciliaire gnostique et diabolique ?
Le n°16 de La Voix des Francs Catholiques est paru
Les Éditions Saint-Remi se battent contre l’invasion des mauvais livres et des mauvais maîtres, il faut prendre conscience de l’urgence de reconstituer les bibliothèques familiales ou scolaires que l’on trouvait autrefois dans les bonnes familles et les bonnes écoles.
C’est pourquoi la Voix des Francs fait entendre sa voix qui n’est que l’écho fidèle des grands écrivains catholiques tant loués par les Souverains Pontifes du XIXème et XXème siècle.
Le n°16 de La Voix des Francs Catholiques est paru
revue trimestrielle des éditions Saint-Remi
Histoire – Politique – Religion – Sciences – Littérature

Lire un extrait (1er article en entier)
Défense des historiens catholiques du XIXe siècle face à la critique moderne
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ÉDITORIAL
Alors que la judaïsation des peuples chrétiens s’intensifie — témoins les visites de complaisance de Ratzinger dans les synagogues, ou la prédication du carême par un rabbin dans Notre Dame de Paris —, il nous a paru bon de publier en 4ème article cette démonstration imparable d’un fidèle qui veut garder la foi.
Nous prenons la défense de nos éminents historiens du XIXe siècle honteusement et habilement attaqués par un prêtre de la FSSPX censé faire partie de l’élite intellectuelle de cette congrégation. Remettre ainsi en cause le sérieux de ces historiens érudits et tant loués par les plus hautes autorités de l’Église est bien offensant pour les oreilles pies. Nous dévoilons le néant de cette critique qui cache toute une idéologie gallicane.
Les considérations sur le Saint Suaire que nous vous livrons, viennent compléter ce que nous disons sur l’orgueil et les mensonges de la fausse science officielle et de la fausse histoire officielle de l’Université, nouvelle chaire de vérité sous le contrôle du pouvoir judéo-maçonnique. Cette chaire de pestilence est confondue par le Saint Suaire.
Voir la vidéo du sauvetage du Saint Suaire de l’incendie criminel (plusieurs départs de feu en même temps). Selon le propre témoignage du pompier qui a brisé le coffre blindé (conçu pour être indestructible) à coup de masse, une force surnaturelle s’est emparée de lui pour arriver à extraire le Saint Suaire. Témoignage recueilli par un de nos amis qui a rencontré ce pompier.Notre rédacteur Ernest Larisse, nous a déniché une conférence inédite de Jean Lombard, auteur de La Face Cachée de l’Histoire Moderne. Nous espérons que ce résumé-conférence vous mettra l’eau à la bouche pour vous procurer cet ouvrage important, nécessaire pour comprendre les dessous de l’histoire.
Nous vous souhaitons une sainte fête de Pâques. Que Notre Seigneur Jésus-Christ ressuscité, vous communique la joie de sa victoire sur le monde, le démon et le vieil homme.
Bruno Saglio
Nous faisons référence au célèbre ouvrage du chevalier Gougenot-des-Mousseaux, Le juif, le judaïsme et la judaïsation des peuples chrétiens, 608 p. 33 €, disponible aux ESR.
Accéder aux archives de La Voix des Francs, revue trimestrielle
Neuvaine pour demander la guérison de l’abbé Bruno Schaeffer
Nous relayons la demande de Virgo-Maria.org :
Neuvaine pour demander la guérison de l’abbé Bruno Schaeffer
Publication du 21 mars 2010

Abbé Bruno Schaeffer
Nous avons appris que l’abbé Bruno Schaeffer, ordonné validement par Mgr Ngo Dinh Thuc, et officiant à l’église Saint Nicolas du Chardonnet (il est non una cum), est gravement malade.
Nous invitons les milliers de fidèles et de clercs qui nous lisent à entreprendre une neuvaine de prières pour obtenir la guérison de l’abbé Bruno Schaeffer, et la poursuite sereine de son apostolat auprès des âmes.
Cette neuvaine commencera le mardi 23 mars 2010, vigile de la fête du saint Archange Gabriel (signifie Force de Dieu) et s’achèvera le mercredi saint 31 mars 2010, vigile de la fête du Sacerdoce catholique sacrificiel selon l’Ordre de Melchisedech, Sacerdoce de la Nouvelle et éternelle Alliance.
http://www.virgo-maria.org/Documents/2010_Neuvaine-guerison-abbe-Bruno-Schaeffer.pdf
Nous vous proposons également de lire (ou relire) le CURRICULUM VITAE DE ABBÉ BRUNO SCHAEFFER, publié par EINSICHT en 1982 suite à son ordination par Mgr Ngo Dinh Thuc ; persécuté plusieurs fois pour son “anti-libéralisme”, il démontre un esprit fort.
CURRICULUM VITAE DE ABBÉ BRUNO SCHAEFFER
Ne le 2o Janvier 1948 à St. Nazaire (44).
- Études primaires et secondaires chez les Frères de Ploermel et chez les Pères Eudistes.
- Études Supérieures à l’Université de Nantes (Licence en Droit Privé).
- Études de Doctorat en Histoire du Droit et en Sciences Politiques à l’Université de Paris.
- Diverses postes d’Enseignement : Professeur École des Langues et des Affaires, Moniteur travaux Pratiques à l’Université de Nantes puis de Paris.
- Direction de Camps de Jeunes depuis 1968.
- Fondateur de la Fraternité St. Joseph et des Scouts-Notre-Dame-de-France.
- Entrée à Écône en 1976, prié de se retirer en Mars 1977 sous la pression de professeurs libéraux dont plusieurs disent depuis la nouvelle Messe.
- Fondation au Prieuré Notre Dame de Fonsalette en Octobre 1977 devant devenir la Maison des Oblats Réguliers de St. Benoît.
- Sous l’autorité du RP Dom Gérard jusque en Décembre 1979, chassé au Monastère Ste Madelaine pour n’avoir pas voulu accepter la validité de la Nouvelle Messe et la légitimité de Jean-Paul II.
- Ordination Sacerdotale par Mgr. Ngô-dinh-Thuc le 19 Décembre 1981.
À cela nous pouvons ajouter depuis :
- spécialiste de philosophie du droit et de philosophie politique, est prêtre et oblat de saint Benoît. Président du Centre d’étude et de recherche de l’Europe chrétienne (CEREC), il a organisé un certain nombre de colloques dont récemment Bossuet politique en Sorbonne en 2004 (actes à paraître). Collaborateur régulier de plusieurs revues, il est notamment l’auteur de « La Ligue, divorce du trône et de l’Autel » in Une insurrection catholique : la Ligue (Clovis, 1997) ; « La ‘‘profanation’’ de l’état d’après les théoriciens du droit naturel au XVIe siècle » in Christianisme et laïcité (Certitudes, 2000).
Source : www.conflits-actuels.com
LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE Mgr BERNARD FELLAY
Deux fidèles du Mexique, inquiets de tout ce qu’ils voient et entendent à propos de Rome à la FSSPX depuis un certain temps, et après avoir en vain demandé conseil à leurs prêtres, ont adressé une lettre à Mgr Fellay le 15 décembre 2009. À ce jour, ils n’ont reçu ni réponse ni accusé de réception. C’est pourquoi, face à ce silence, ils ont publié cette lettre sous forme de Lettre Ouverte sur le site de Radio Cristiandad en Argentine le 12 février dernier. L’Abbé Ceriani a demandé d’en faire une traduction en français et de la publier en France. Ce qui est intéressant dans cette lettre est que les auteurs opposent Mgr Fellay à lui-même, montrant le changement dans ses propos depuis quelques années…
LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE Mgr BERNARD FELLAY,
SUPÉRIEUR GÉNÉRAL DE LA FSSPX
Quelques fidèles d’un modeste Centre de Messe du Mexique ont envoyé le 15 décembre 2009 une lettre au Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, Mgr Bernard Fellay, pour lui exposer quelques questions sur des sujets qui provoquent doutes et inquiétudes parmi les fidèles traditionalistes de diverses localités.
N’ayant obtenu à ce jour ni réponse ni accusé de réception, ils ont décidé de publier cette missive en forme de Lettre Ouverte, afin d’être assurés qu’elle atteigne bien son destinataire et puisse servir d’écho à tous les fidèles que la situation actuelle rend perplexes.
Ces fidèles espèrent que Mgr Fellay, en tant que Supérieur Général de la congrégation religieuse à laquelle ils doivent tant, daignera leur prodiguer ses conseils éclairés en un moment où ils se trouvent dans l’obscurité la plus complète.
Que personne ne voie dans cette lettre une volonté d’offenser les supérieurs de la Fraternité Saint Pie X ou à la Fraternité elle-même. Nous souhaitons être guidés par le même esprit qui a guidé Monseigneur Marcel Lefebvre et Monseigneur de Castro Mayer et beaucoup de prêtres et de fidèles lorsque, brebis désemparées, ils se sont adressés aux autorités comme à leur berger.
*****
Monseigneur Bernard Fellay
Supérieur Général de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X
Excellence Révérendissime
Devant la confusion provoquée par la grande diversité d’avis, actes et déclarations des autorités de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X au sujet des relations avec le Vatican, beaucoup de fidèles ont décidé de ne pas se laisser dominer par l’inquiétude et ont réaffirmé leur confiance en la congrégation fondée par Mgr Marcel Lefebvre en allant confier aux prêtres leurs doutes.
Malheureusement, beaucoup de ces prêtres n’étant pas en mesure de répondre, leurs avis ont manqué de conviction et bien souvent ils se sont contentés de conseiller la confiance envers les autorités de la Fraternité.
C’est la raison pour laquelle nous vous adressons fort respectueusement les questions suivantes
- Excellence, nous devons faire confiance, mais à quelle autorité ?
- A celle qui, en 2003, rejetait un accord ponctuel avec Rome à cause de son esprit syncrétiste et qui écrivait que « C’est avec horreur et dégoût que nous nous distançons d’une telle façon de voir l’église et de vivre la “communion”. Comment peut-on prétendre que la “Rome” moderniste aurait changé, qu’elle deviendrait favorable à la Tradition ? Quelles illusions ! » [[1]],
- ou dans l’autorité qui, en 2009, annonce avec grande joie que les conditions sont réunies pour que commencent les entretiens entre le Vatican et la Fraternité Saint Pie X, entretiens qui, de fait, sont déjà commencés ?
Il n’y aurait aucune raison de formuler cette question si cette Rome moderniste avait changé en s’éloignant de cette « façon de vivre la communion » syncrétiste qui causait encore tant de répulsion dans un proche passé [[2]]. Bien au contraire, les autorités vaticanes, et le Pape lui-même, continuent à prendre part à des pratiques « œcuméniques » et en acceptant ces mêmes pratiques dans divers diocèses. Mgr de Galarreta l’exprime bien clairement : Benoît XVI « lui-même se sent entièrement et théologiquement attaché au concile Vatican II. Son enseignement et son gouvernement de l’Église s’inscrivent directement dans l’esprit du Concile. La preuve est qu’il veut nous incorporer dans l’Église officielle, selon une conception œcuménique. Il pratique un œcuménisme à notre égard. » [[3]]
- Excellence, nous insistons respectueusement : on nous demande de faire confiance, mais en quelle autorité devons-nous nous confier ?
- En celle qui, autrefois, faisait siens les mots du Bref Examen Critique des Cardinaux Ottaviani et Bacci qui affirme que la messe de Paul VI, le Novus Ordo Missae, « s’éloigne de manière impressionnante, tant dans l’ensemble que dans le détail, de la théologie catholique » [[4]] ?
- ou dans l’autorité qui se réjouit du Motu proprio Summorun pontificum, dans lequel on affirme expressément que « Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même « Lex orandi » de l’Église » ; et aussi que « Ces deux expressions de la « Lex orandi » de l’Église n’induisent aucune division de la « lex credendi » de l’Église » ?
Comment comprendre que la Fraternité Saint Pie X fête un Motu proprio qui affirme que la messe bâtarde de Paul VI (ainsi qu’elle a été appelée par Monseigneur Lefebvre) et la Sainte Messe correspondent à la même lex credendi ? À quel moment la messe de Paul VI a-t-elle cessé de s’éloigner de la théologie catholique ? De grâce, veuillez nous l’expliquer.
- Excellence, avec le même respect, nous demandons à nouveau : en quelle autorité devons-nous faire confiance ?
- En celle qui, en 2006, a dit ne pas pouvoir demander la levée d’excommunications inexistantes ?
- ou en celle qui, en 2009, a reconnu avoir sollicité une telle levée et l’a fêtée en faisant chanter le Magnificat dans toutes les chapelles et en remerciant publiquement et formellement Benoît XVI ?
Excellence, de grâce veuillez répondre à ces questions afin que nous, qui avons voulu et continuons à vouloir être fidèles à la véritable Église, nous ne nous sentions pas abandonnés par ceux à qui nous devons tant.
En 1988 il y avait satisfaction et joie dans la Fraternité d’être déclarée excommuniée par « ce système qui se qualifie lui-même d’église Conciliaire » au point que des prêtres et même des séminaristes sollicitaient que l’excommunication soit rendue étendue à eux. Comment comprendre, à présent, que l’on ait demandé avec insistance la levée de cette excommunication ?
- Excellence, en quelles autorités devons-nous nous confier ?
- En celles qui affirment ne pas reconnaître la validité de l’excommunication? [[5]]
- ou en celles qui, publiquement, ont remercié pour l’absolution de cette excommunication au même temps qu’elles l’acceptaient comme opérante? [[6]]
Nous supplions humblement et respectueusement votre réponse à cette question, puisqu’à diverses reprises les autorités de la Fraternité, s’adressant aux fidèles, ont déclaré qu’elles rejetaient la validité de cette excommunication ; tandis que dans la lettre de remerciement à Benoît XVI, signée par les quatre évêques, elles ont reconnu que l’excommunication a été opérante depuis les consécrations épiscopales de 1988 jusqu’au 21 janvier 2009.
À la vue de toutes ces contradictions, qui pourrait nous reprocher notre méfiance ?
- Excellence, permettez-nous encore une question : qu’est devenu le respect dû à la Très Sainte Vierge Marie que la Fraternité a toujours professé ?
- Nous le demandons parce qu’on lui attribue maintenant la publication par Benoît XVI du motu proprio Summorum pontificum, par lequel il a humilié la Sainte Messe de toujours. On a attribué également à la Mère Dieu et Notre Dame la levée par Rome d’excommunications inexistantes par un décret qualifié de « très déplorable » par le Père Bouchacourt ; décret dont Mgr de Galarreta a dit qu’ « il ne répond pas à la vérité ni à la justice ». [[7]]
Comment comprendre qu’on puisse dire que ces documents sont des grâces accordés par Marie toujours Vierge ? Comment expliquer qu’une telle affirmation, considérée par beaucoup comme blasphématoire vienne de ceux qui dirigent la Fraternité Saint Pie X ?
- Excellence, vous nous avez mis en garde sur ce qui s’est passé à Campos, plus d’une année après leur ralliement : « Ainsi, petit à petit, le combat s’estompe et on finit par s’accommoder de la situation. À Campos même, tout ce qui est positivement traditionnel est conservé, certes, donc les fidèles ne voient pas de changement, sauf les plus sagaces, qui remarquent la tendance à parler davantage et respectueusement des déclarations et événements romains actuels en omettant les mises en garde d’autrefois et les déviations d’aujourd’hui ; le grand péril est alors de finir par s’accommoder de la situation et de ne plus essayer d’y remédier… » [[8]]
- Que devons-nous penser maintenant que l’on peut observer le même processus à la Fraternité de Saint Pie X ?
- À présent on parle plus fréquemment et respectueusement de Rome. Il suffit de lire les lettres de remerciement pleines de respect et d’éloges pour Benoît XVI ; ou remarquer comment vous-même, Excellence, avez parlé de lui comme « une personne intègre qui a une grande préoccupation pour l’Église ».
- Maintenant la Fraternité omet les avertissements qui, dans le passé, dénonçaient les erreurs de l’église moderniste. Où est le communiqué officiel de la FSSPX à propos de la dernière encyclique de Benoît XVI ?
- Depuis plus d’une année, la Fraternité a pratiquement cessé de dénoncer les déviations de l’église postconciliaire, allant même jusqu’à sanctionner les prêtres et les fidèles qui l’ont fait.
- Qu’a-t-il été dit à propos de tous les actes « interreligieux » (apostasies manifestes) auxquels a pris part Benoît XVI au cours de l’année 2009 ?
- Serait-ce que la Fraternité essaye de s’accommoder de cette situation ? Serait ce qu’elle ne veut plus y mettre remède ?
Ainsi donc, ces paroles que vous écriviez, Excellence, en 2003 à propos de Campos, paraissent aujourd’hui pouvoir être appliquées à la Fraternité sans grande difficulté.
- Excellence, on nous demande de remettre notre confiance entre les mains des autorités de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, mais comment pourrions-nous le faire quand nous apprenons que l’un de vos prêtres, l’abbé Grégoire Celier, a été autorisé à publier dans un « agenda moderniste » dédié à Benoît XVI, un commentaire par lequel il appelle de ses vœux un rite pleinement satisfaisant, fruit du mélange des liturgies moderniste et traditionaliste ? [[9]] Comment le faire après avoir appris que ce même prêtre a déjà proposé ce mélange par lequel la liturgie traditionnelle serait contaminée par le modernisme et que ce prêtre, après trois années, n’a pas présenté de rétractation à ce sujet et n’a pas été sanctionné ? [[10]]
Depuis quand la Fraternité de Saint Pie X a-t-elle cessé de considérer comme pleinement satisfaisante la Sainte Messe de toujours ? Depuis quand considère-t-elle que, le mélange de la liturgie traditionnelle et la liturgie moderniste puisse devenir un rite pleinement satisfaisant ?
- Excellence, les fidèles qui ont essayé d’élever la voix pour avertir du danger provenant des erreurs précédemment indiquées, sont l’objet d’attaques de la part de certains prêtres, qui leur reprochent de juger les autorités et les en punissent.
À tout ceci nous répondons en faisant nôtre les mots avec lesquels Votre Excellence a répondu à des accusations semblables : « La simple exposition de faits », par exemple toutes les contradictions précédemment indiquées, les offenses à la Très Sainte Vierge Marie, le double discours employé quand on s’adresse aux fidèles et quand on fait des déclarations aux medias ou au Vatican, etc., « ne veut pas dire que nous nous érigions en juge » des autorités de la Fraternité. « Ou bien alors, il faut renoncer tout simplement à penser. » [[11]]
Ainsi donc, avec un respect profond, nous terminons cette lettre en nous demandant avec consternation : Où se dirige Monseigneur Fellay ? Où conduit-il les prêtres, frères et séminaristes que Dieu lui a confiés ? Où conduit-il les fidèles qui le suivent avec confiance ? Que répondra-t-il quand Dieu lui demandera compte de toutes ces âmes ?
Bien à vous
Jaime Adolfo Flores Guerrero – Marco Antonio Flores Guerrero
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[1] Cfr. Lettre aux Amis et Bienfaiteurs N° 65, le 8 décembre 2003.
[2] Son Excellence écrivait en juillet 2003 (Lettre aux Amis et Bienfaiteurs N° 64) : « En clair, nous croirons que Rome fait vraiment un geste envers la Tradition si et lorsque celui-ci, d’une manière ou d’une autre, infléchira et corrigera la ligne générale anti-traditionnelle qui continue à empester l’Église. ».
[3] Cfr. Iesus Christus N° 121, 2009.
[4] Cfr. Lettre aux Amis et Bienfaiteurs N° 62, 2002.
[5] Cfr. Sermon de Mgr Fellay de du 2 février 2006 ; Iesus Christus N° 121, 2009 ; Communiqué du Supérieur de la Fraternité Saint Pie X, 24 janvier 2009.
[6] Cfr. Lettre de remerciement des quatre évêques à Benoît XVI.
[7] Cfr. Iesus Christus N° 121, 2009.
[8] Cfr. Lettre aux Amis et Bienfaiteurs N° 63, 2003.
[9] Cfr. Benoît XVI et les traditionalistes. Livre écrit par l’abbé Grégoire Celier avec le journaliste Olivier Pichon et qui est paru en février 2007.
[10] Cfr. Agenda Benoît XVI 2010. Éditions Terra Mare, France.
[11] Cfr. Lettre aux Amis et Bienfaiteurs N°. 62, 2002.
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Le n°15 de La Voix des Francs Catholiques est paru
Les Éditions Saint-Remi se battent contre l’invasion des mauvais livres et des mauvais maîtres, il faut prendre conscience de l’urgence de reconstituer les bibliothèques familiales ou scolaires que l’on trouvait autrefois dans les bonnes familles et les bonnes écoles.
C’est pourquoi la Voix des Francs fait entendre sa voix qui n’est que l’écho fidèle des grands écrivains catholiques tant loués par les Souverains Pontifes du XIXème et XXème siècle.
Le n°15 de La Voix des Francs Catholiques est paru
ÉDITORIAL
À l’heure où des discussions théologiques ont été engagées par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X avec les occupants du siège apostolique à Rome, nous publions un extrait traduit en français du livre en allemand que nous avons édité dernièrement — Die Frage der Gültigkeit der Priester und Bischofsweihen nach dem Ritus von Paul VI — écrit par M. Stopka et le père João Maria Torres-Coelho (pseudonyme d’un prêtre de la FSSPX)[1]. Dans ce passage que nous livrons il est brillamment démontré l’invalidité des nouveaux sacres à cause d’un changement substantiel de la forme sacramentelle par addition (ou variation) d’un sens judaïque devenu pourtant caduque et mortifère. Bien sûr cette question capitale de l’invalidité du nouveau rituel des sacres de Paul VI ne sera pas abordée à Rome par la FSSPX, dont le supérieur Mgr Fellay a proclamé qu’il fallait les considérer à priori valides.[2]
En deuxième partie, l’article de notre ami Ernest Larisse tombe à point, pour montrer la réalité du combat contre Satan à travers la littérature. C’est une bataille gigantesque de la pensée catholique contre la pensée luciférienne qui a lieu dans les livres. L’auteur très érudit nous mâche sérieusement le travail par ces nombreuses références en notes. Notre maison d’édition s’inscrit en première ligne dans cette lutte. Déjà l’abbé Coubé dans Jeanne d’Arc et la France[3], disait en 1910 :
« Il est une œuvre entre autres que je veux vous signaler : c’est la propagande de la presse catholique et patriotique. Vous savez quel mal la secte fait par ses journaux. Elle y verse le mensonge, la calomnie, le blasphème. Elle empoisonne l’ouvrier, le paysan et le bourgeois. Il faut lutter contre cet apostolat de l’enfer.
Il faut répandre les brochures, les tracts, les journaux [les livres] où la vérité est exposée et vengée. Tenez, il me semble que si Jeanne reparaissait parmi nous, elle se ferait, non pas journaliste, comme on l’a dit de saint Paul, mais marchande ou distributrice de journaux. Elle s’en irait sur le seuil de nos églises, par les rues des villes et par les campagnes ; elle agiterait les feuilles illuminatrices et vengeresses, comme elle agitait sa bannière ; elle crierait à tous : Lisez le bon journal, c’est le salut de la France ! »
Au diable la fausse humilité, osons ajouter : lisez les bons livres des Éditions Saint-Remi, lisez La Voix des Francs Catholiques, c’est un des saluts de la France.
Par la grâce de Dieu les Éditions Saint-Remi voient leur activité prendre de l’ampleur, 2009 a été meilleure que 2008, nous recevons de nombreux encouragements de la part de nouveaux lecteurs qui découvrent notre catalogue. Nous vous remercions tous chaleureusement, cela nous donne de l’entrain pour continuer cette œuvre d’apostolat et de combat pour Notre Seigneur Jésus- Christ et son Église. Que le divin Enfant Jésus et sa Très Sainte Mère vous accordent leur bénédiction pour cette nouvelle année.
Bruno Saglio
Lire l’éditorial et le premier article de ce N° 15 de La Voix des Francs Catholiques : ![]()
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[1] Ce livre est en cours de traduction
[2] Nous recommandons l’étude scientifique très documentée Rore Sanctifica réalisée par le CIRS, dont nous publions les travaux en trois volumes. Ces volumes sont aussi disponibles en ligne sur http://www.rore-sanctifica.org
[3] Réédité ESR en janvier 2010
Comment se déroulent les discussions Rome-FSSPX
Le blog Summorum Pontificum Observatus nous apprend trois anecdotes intéressantes et amusantes à propos des discussions doctrinales entre les théologies romains et ceux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.
- Selon l’abbé Grégoire Celier, membre de la FSSPX, les théologiens d’Ecône sont logés à la Maison Sainte-Marthe… lieu de résidence des cardinaux pour le conclave !
- Toujours selon l’abbé Celier, les mêmes théologiens ont célébré leur messe… dans la basilique Saint-Pierre, faute d’autels disponibles à la Maison Sainte-Marthe. Voilà qui en dit long sur la portée réelle des levées d’excommunication de janvier dernier. De toute évidence, les autorités romaines, sans l’avoir exprimé juridiquement, estiment que la FSSPX est bien une société interne à l’Église catholique.
- Enfin, selon l’abbé Claude Barthe, “vaticaniste renommé“, les discussions doctrinales sont filmées, vraisemblablement pour que Benoît XVI puisse suivre au jour le jour l’avancée des débats. Nous savions déjà que ces débats lui tenaient à cœur, en voici une éclatante confirmation.
Source : Osservatore Vaticano
Comment se déroulent les discussions à Rome
Ceux qui ont écouté lundi l’émission de Philippe Maxence, rédacteur en chef de l’Homme Nouveau, sur Radio Courtoisie, auront pu en savoir un peu plus sur l’organisation des discussions entre Rome et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X.
Lors de ce que le journaliste appelle le rendez-vous du « Club des hommes en noir », les auditeurs ont pu entendre une cohorte d’abbés : l’abbé Grégoire Celier de la Fraternité Saint-Pie X, l’abbé Chanut, prêtre diocésain, délégué à l’application du motu proprio dans son diocèse, l’abbé Guillaume de Tanoüarn de l’Institut du Bon Pasteur, l’abbé Claude Barthe, vaticaniste bien connu. Seul laïc présent, sous le prétexte étonnant qu’il est habillé aussi en noir : Daniel Hamiche, qui a parlé de son côté du retour à l’Église de certains anglicans.
Dans sa présentation de la commission FSSPX, l’abbé Celier a expliqué que celle-ci pouvait dans l’avenir changer de membres, en fonction des spécialités de chacun. Il a précisé qu’une sous-commission appuyait cette première commission et que des « experts » étaient également là pour pouvoir répondre aux demandes et questions des membres intervenant à Rome. On le voit donc les choses sont prises au sérieux du côté d’Écône et l’organisation est bien prévue.
L’abbé Celier, en réponse à une auditrice, a également précisé que les échanges ne se faisaient pas en latin et que même si l’ensemble des intervenants, romains ou de la Fraternité, comprenaient le français et l’italien, les interventions bénéficiaient de traductions simultanées, certains des experts présents ne maîtrisant pas assez ces deux langues.
Deux petits amusants : l’abbé Celier a précisé que la délégation de la Fraternité Saint-Pie X était logée à la Maison Sainte-Marthe, lieu où ont résidé les cardinaux pour le conclave. Les autels de cette maison étant pris pour les messes, celles des membres de la Fraternité ont été célébrées en la Basilique Saint-Pierre. L’autre anecdote a été rapportée par l’abbé Barthe qui a expliqué que les discussions étaient filmées, certainement pour que le pape puisse les voir.
Dans le même ordre d’idées, l’abbé Barthe analyse que ces discussions concernant Vatican II montrent que celui-ci n’est plus un dogme de foi et que d’ici quelques années la fonction magistérielle pourra reprendre toute sa vigueur. De la même manière, il estime qu’un accord entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X sera trouvé.
Source : Summorum Pontificum Observatus
Démission de l’abbé Juan Carlos Ceriani de la FSSPX
Monseigneur Bernard Fellay, en plus d’être un âne ! , est un autoritaire qui ne supporte pas la contradiction ! et encore moins que l’on conteste son “abus d’autorité”…
Comme le démontre, d’une manière importante et motivée le Père Juan Carlos Ceriani aujourd’hui :
1988 : « OPÉRATION-SURVIE DE LA TRADITION »
2004-2009 : INFRUCTUEUSE OPPOSITION A L’ « OPÉRATION-SUICIDE »
Où LES RAISONS DE LA DÉMISSION DU PÈRE JUAN CARLOS CERIANI…
Chers lecteurs,
Abbé Juan Carlos Ceriani
Soyez remerciés d’avoir commencé à lire cette lettre, mais afin que vous ne soyez pas découragés par sa longueur (44 pages !), je désire d’abord vous en expliquer le contenu.
La lettre elle-même n’est composée que des dix premières pages dans une présentation suffisamment aérée pour en faciliter la lecture.
De la page 11 à la fin vous trouverez dix Annexes qui viennent corroborer ma démonstration afin qu’il ne soit pas dit que j’affirme sans prouver. La lecture desdites Annexes n’est pas absolument nécessaire, mais la plupart d’entre elles constituent cependant un véritable matériel d’étude et de réflexion.
Vous pouvez éventuellement ne lire que l’Annexe XI, page 43, qui est ma lettre de démission et qui résume mes arguments. J’ajouterai même que les points 7), 15), 16), 17) et 18) de cette lettre contiennent à eux seuls l’essentiel du problème.
Si toutefois, pour comprendre l’ensemble de ma résolution, vous voulez bien m’accompagner patiemment au fil des pages, alors commençons !
À Buenos Aires, Argentine, j’ai appartenu pendant quatorze années, jusqu’à ma rentrée au Séminaire de Paraná, à ce qu’on peut appeler une « paroisse réactionnaire », paroisse dans laquelle j’ai été formé par les livres et les conférences des Pères Leonardo Castellani, Julio Meinvielle, David Núñez, et des Professeurs Jordán Bruno Genta et Carlos Sacheri, entre autres.
Je remercie la Providence divine de ce que, en 1965 alors que je n’avais que onze ans, est arrivé dans cette paroisse le Père Carlos Morani qui, jusqu’à son décès prématuré en juin 1970, a été le guide et le soutien du Centre d’Études d’Orthodoxie Catholique, source de ma formation intellectuelle.
En 1976, après une année de lutte intense contre le nouveau Curé, nommé en 1975 pour détruire matériellement et spirituellement notre paroisse, est arrivé pour moi le moment de rentrer au Séminaire. Il était parfaitement clair que je ne pouvais ni ne devais le faire dans le séminaire du diocèse de Buenos Aires. Comme tant d’autres jeunes au cours des années soixante-dix, je me suis orienté vers le séminaire du diocèse de Paraná, où j’ai eu l’occasion de connaître par les journaux la suspense a divinis de Monseigneur Marcel Lefebvre, ses motifs et ses conséquences, ainsi que les convictions et l’enseignement de l’illustre prélat. Jusqu’à ce moment la question du Novus Ordo Missæ ne s’était pas posée pour moi.
Je suis resté là trois années vivant dans une atmosphère de plus en plus étouffante, me demandant sans cesse « quelle Messe vais-je dire une fois ordonné ? », « Vais-je devoir accepter cette doctrine conciliaire qui pénètre jusque dans la philosophie, la théologie, le catéchisme, la piété, la liturgie, le droit canon ? ». Ceux qui me connaissent comprendront que tout cela a été matière à moult discussions avec certains professeurs et confrères.
Il était clair que je ne pouvais continuer ainsi. Janvier et février 1979 ont été pour moi des mois de réflexion et de prière pour en arriver à comprendre que je devais abandonner l’Église Conciliaire et m’associer au combat de Monseigneur Lefebvre pour l’Église Catholique et sa Tradition contre la Nouvelle Église ; que je devais adhérer à la Rome Éternelle et rejeter la Rome néo-protestante et néo-moderniste. Tout comme trois années auparavant, cette nouvelle décision m’a valu une nouvelle rupture : rupture avec l’atmosphère ecclésiale et avec mes amis.
Pendant mon Séminaire et mes cinq premières années de sacerdoce à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, bien que des situations doctrinales complexes se soient présentées (comme par exemple l’Indult d’octobre 1984), la présence de Monseigneur Marcel Lefebvre, ses interventions ainsi que la distance et le manque d’information depuis mon poste en Argentine, m’ont préservé de l’inquiétude.
La première alerte sérieuse a été l’atmosphère troublante dans laquelle nous avons dû vivre de novembre 1987 à mai 1988. Après l’annonce en juin 1987 de prochaines consécrations épiscopales, nous ne savions pas comment allaient se terminer ces fameux pourparlers romains.
En juin 1988, par l’intermédiaire de L’Osservatore romano, j’ai eu connaissance du Protocole d’accord signé le 5 mai. Ma première réaction a été de dire : Rome ment ! Et Dieu m’est témoin que je n’aurais pas suivi Monseigneur Lefebvre s’il avait continué avec ce Protocole, dont le contenu complet est bien celui qui a été publié par le journal du Vatican et que, cependant, bien des prêtres de la Fraternité et l’ensemble des fidèles ne connaissent pas. Mais en juin, les consécrations étaient déjà décidées pour le 30, et j’ai considéré que le triste document était véritablement relégué aux oubliettes. Pour comprendre ce dont il s’agit, on peut se reporter à l’Annexe X - lettre de l’Abbé Ceriani à Mgr Fellay du 29 mai 2009, page 38.
Je regrette beaucoup de ne pas avoir demandé à l’époque à Monseigneur Lefebvre une rétractation claire et nette de la signature de ce document qui, de nos jours encore, est sujet à discussions au sein de la Fraternité et constitue une arme redoutable entre les mains de la Rome conciliaire.
Pendant 12 années environ, grâce à la situation obtenue par les consécrations épiscopales de 1988, nous avons vécu tranquillement le développement de toutes les Institutions de la Grande Œuvre de la Tradition Catholique, laquelle n’est pas un mouvement de plus dans l’Église Officielle comme le prétend Benoît XVI (et comme semble l’avoir accepté Monseigneur Fellay, puisqu’on lit dans la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs Nº 74 : « Nous avions demandé cela, dès l’an 2001, comme signe de bienveillance de la part du Vatican envers le mouvement traditionnel (…) On craint un rapprochement entre la tête de l’Église et notre mouvement. »).
Puis, à partir de l’an 2000 il a été à nouveau question de reprendre contact avec la Rome occupée par le modernisme ; et en 2001 sont apparus les fameux préalables. Dieu et quelques membres de la Fraternité sont témoins que, dès le début, la chose m’a paru fort équivoque ; mais à ce moment là, mes craintes n’ont pas dépassé le stade de simples commentaires en privé.
Ce n’est qu’en juillet 2004 que j’ai décidé d’intervenir auprès de mes Supérieurs. Comme on peut le constater dans mon Appel (voir Annexe I, page 11), dès que Monseigneur Bernard Fellay a annoncé en juin 2004 qu’il avait demandé à Rome « ‘officiellement’ le retrait du Décret de Déclaration des excommunications » j’ai écrit la même lettre à sept de mes Supérieurs (les quatre évêques, le Premier Assistant, l’Économe Général et le Secrétaire Général) pour leur faire remarquer que cette demande impliquait la reconnaissance des excommunications et que, tôt ou tard, nous allions finir par accepter l’inacceptable, c’est-à-dire la levée desdites excommunications.
Monseigneur Fellay et Monseigneur Tissier de Mallerais se sont contentés de me répondre qu’il s’agissait seulement d’une « imprécision de langage ».
Trois lettres importantes à ces Évêques, ainsi qu’un travail canonique sur la question (voir résumé dans l’Annexe II, page 14), n’ont pas reçu de réponse. Comment comprendre que l’on veuille discuter doctrinalement avec la Rome Conciliaire quand on n’accorde même pas une réponse à un membre de la Fraternité ?
Concernant l’autre préalable, la demande de la « libération de la Messe de toujours », « la possibilité de célébrer la messe tridentine », je ne suis pas intervenu jusqu’à la publication du Motu proprio du 7 juillet 2007.
Pourquoi ? Parce que l’argument d’autorité basé sur Monseigneur Lefebvre était trop fort pour essayer, par un argument de raison, de m’opposer à la demande d’une égalité liturgique du rite catholique avec le rite bâtard. Monseigneur Lefebvre avait en effet, à plusieurs reprises, fait la même demande, pensant que cette situation ne serait que temporaire, la messe de toujours devant rapidement évincer le rite de Paul VI.
J’ajoute, cependant, que je n’ai pas fait chanter le Te Deum à mes fidèles de la Guadeloupe et que j’ai prêché à deux reprises, en Guadeloupe et en Martinique, pour expliquer aux fidèles la nocivité de ce document.
Bien qu’ayant effectué plusieurs travaux depuis la publication du Motu proprio pour démontrer sa nocivité et son opposition à l’œuvre de la restauration de la Sainte Messe, je n’ai pu en publier qu’un seul sur La Porte Latine (voir « Motu proprio – réactions notables »), et ceci après avoir dû surmonter de nombreuses difficultés pour vaincre les réticences de mon Supérieur de District. La conclusion de cet article dit :
« a) De par sa cause matérielle ce Motu proprio manifeste que la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante continue de s’éloigner de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu’elle a été formulée à la XXème session du Concile de Trente.
b) De par son intention ce Motu proprio est simple comme la colombe et prudent comme le serpent ; mais, il faut le dire, sa simplicité benoîte est une astuce de plus du serpent, capable d’induire en erreur les élus mêmes.
Cependant, rassurez-vous, chers fidèles, sa tête sera écrasée par l’Immaculée… »
Je n’ai pas pris la peine de demander la publication des autres études parce que je savais qu’elles ne seraient pas acceptées, étant donné qu’elles ne correspondent pas à l’interprétation de ce document par le Supérieur Général (voir les résumés dans l’Annexe III, page 15).
Je demande pardon à l’Église, à l’Œuvre de la Tradition, à la Fraternité et à tous les fidèles de ne pas avoir réagi avant. Pardon pour mon mauvais exemple !
Le 30 décembre 2008 j’ai parlé personnellement à mon Supérieur de District à propos du second préalable (le « retrait du décret de déclaration des excommunications ») et à propos d’un éditorial qu’il pensait publier le 1er janvier. Je lui ai remis en mains propres le travail de l’Annexe II, page 14.
Une fois publié son éditorial « D’un préalable l’autre », je lui ai envoyé une lettre le 6 janvier 2009, puis une autre le 20 janvier, sans obtenir de réponse. (Voir à ce sujet l’Annexe IV, page 18).
Après la publication du Décret du 21 janvier, contrairement à ce qui est arrivé dans presque tous les Prieurés, la lettre du Supérieur Général n’a pas été lue aux fidèles dans nos chapelles des Antilles, parce qu’elle contenait des imprécisions, des contradictions et une ambiguïté grave à propos de l’acceptation du Concile Vatican II (ceci a été reconnu et le texte a été modifié, mais pas le reste). Nous n’avons pas chanté non plus le Magnificat. La « levée des excommunications » ne nous mettait pas le cœur à la fête…
Par l’intermédiaire de mon Prieur, qui a assisté le lundi 26 janvier à une réunion de Prieurs convoqués à Paris par Monseigneur Fellay, j’ai recouru de vive voix à mes Supérieurs et j’ai demandé la révision de l’acceptation du Décret du Vatican dans un délai d’une semaine sans, toutefois, que cela constitue un ultimatum.
Pendant cette réunion, Monseigneur Fellay a déclaré que dans sa lettre du 15 décembre 2008, il n’avait pas demandé la levée des excommunications, mais le retrait du décret de déclaration des excommunications ; mais qu’il ne demanderait pas à Rome une rétractation.
J’ai eu une longue conversation téléphonique avec mon Supérieur de District le jeudi 29 janvier, au cours de laquelle je lui ai dit entre autres choses que, s’il est certain que le Décret du Vatican est faux, il faut le dénoncer comme tel et le rejeter.
Il m’a demandé un mois pour voir comment allaient évoluer les choses ; et il a ajouté qu’il allait faire son possible pour changer la situation. Compte tenu de l’urgence et de la gravité de ladite situation, je lui ai répondu qu’un mois me paraissait trop long et j’ai donc maintenu le délai d’une semaine.
Mais comme il allait faire son possible pour changer la situation, il m’était permis de croire qu’il avait bien compris le problème ; je lui ai donc demandé de supprimer du site officiel du District de France, La Porte Latine, trois informations qui ne correspondent pas à la réalité :
a) « Le dossier complet du retrait du décret des excommunications de 1988 ». En donnant à comprendre aux lecteurs que Rome a accordé le « retrait du décret des excommunications » et non la « levée des excommunications ».
b) Deux vidéos dans lesquelles on parle de la « Réhabilitation de Mgr Lefebvre ». Et par conséquent les lecteurs interprètent que Rome a réhabilité la personne de Monseigneur Lefebvre.
c) Dans une de ces vidéos apparaît une phrase prétendument extraite du Décret dans laquelle on peut lire :
« Je déclare privée d’effets juridiques la censure d’excommunication latae sententiae ».
Quand en réalité le texte original dit : « je remets aux Évêques Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta la censure d’excommunication latae sententiae déclarée par cette Congrégation le 1er juillet 1988, ainsi que je déclare privé d’effets juridiques, à partir de la date d’aujourd’hui, le Décret publié à cette époque. »
La différence est grande. Que prétend-on nous faire croire ? Pensant me rassurer, le Supérieur du District m’a dit que le texte de la vidéo avait été préparé avant de connaître le texte du Décret… Il y aurait donc eu plusieurs textes ? Y a-t-il eu échange entre Rome et la Fraternité ? Est-on arrivé à un consensus ? En effet, les mots sont presque identiques, mais pas leur disposition dans le texte…
Samedi 31 janvier, malheureusement, rien n’avait changé sur La Porte Latine ; bien au contraire, on publiait deux interviews de Monseigneur Fellay qui contribuaient à augmenter la confusion.
Dans celle de l’hebdomadaire Monde et Vie, Olivier Figueras demande « Vous attendiez-vous, Monseigneur, à cette levée de l’excommunication vous concernant ? » Et Mgr Fellay répond : « Je m’y attendais depuis 2005, depuis la première lettre de demande de levée de l’excommunication que j’avais adressée à la demande de Rome même. Parce qu’il est clair que Rome ne demandait pas cette lettre pour refuser de lever l’excommunication. »
J’ai commencé alors à envoyer mon Appel aux quatre Évêques et aux Supérieurs majeurs de la Fraternité avec l’espoir que, comme je les en supplie à la fin du texte, ils allaient reconsidérer devant Dieu la situation actuelle et que, à l’exemple de Monseigneur Lefebvre au moment du Protocole, ils reviendraient sur leurs pas.
À ce moment-là sont arrivés, à une heure d’intervalle, deux messages :
— appel du Secrétaire Général disant que je devais arrêter mon envoi parce qu’une heure plus tard devait sortir un Communiqué officiel de Monseigneur Fellay clarifiant les choses.
— un message électronique du Supérieur du District disant que dans la semaine suivante sortirait ce Communiqué, mais que la Maison Générale n’avait pas accepté que soient corrigées les inexactitudes qui figuraient sur La Porte Latine. Elles s’y trouvent d’ailleurs encore aujourd’hui !…
N’ayant pas reçu le Communiqué officiel, j’ai complété l’envoi aux Supérieurs majeurs et j’ai renoncé à étendre cet envoi à certains prêtres et fidèles comme je l’avais un moment envisagé.
Lundi 2 février m’est arrivé ce Communiqué officiel, confidentiel, réservé seulement aux prêtres, dans lequel on confirme la décision d’accepter tel quel et sans le censurer le Décret du Vatican.
Pour expliquer pourquoi on n’exigeait pas de Rome une rétractation, Monseigneur Fellay se demande si, vu les circonstances et la situation de l’Église, nous pouvions obtenir beaucoup plus. Et il dit ensuite que « Rome ne perd jamais la face », et qu’il serait illusoire pour le moment, voire dangereux, d’exiger du pouvoir pontifical une sorte de désaveu ou de rétractation. Enfin il conclut qu’il s’agit pour nous de sauver le principe d’autorité.
Qu’y a-t-il eu de changé dans la situation de l’Église entre le 15 décembre 2008 et le 21 janvier 2009 ? De plus, « Rome ne perd jamais la face » ? C’est faux ! Tant à Mgr Fellay qu’à Mgr Tissier de Mallerais j’ai fait parvenir des références historiques sur ce point (voir Annexe V, page 19).
La situation devenant de plus en plus ambiguë, je ne pouvais garder plus longtemps le silence : il était de mon devoir de rendre public mon appel. C’est ce que j’ai fait le mardi 3 février.
Si l’on revient en arrière, on se rend compte en effet que depuis vingt ans, la Fraternité est passée par différentes étapes sans que rien, en apparence, ne justifie ce glissement progressif :
- ´ Satisfaction d’être déclarée excommuniée par « ce système qui se qualifie lui-même d’Église conciliaire, contrefaçon d’Église, évolutive, pentecôtiste, et syncrétiste », qui par le fait même s’auto excommunie (Lettre Ouverte des Supérieurs, juillet 1988. Voir Annexe I, et Fideliter n° 64, juillet-août 1988).
- ´ Puis déclarations pour essayer de démontrer que l’excommunication n’est pas valide, sans insister sur le fait que l’excommuniée est la Rome moderniste.
- ´ En septembre-novembre 2005, satisfaction, joie et utilisation des déclarations du Cardinal Castrillón Hoyos : « Ils sont à l’intérieur de l’Église. Il y a seulement ce fait qu’il manque une pleine, une plus parfaite – comme cela a été dit durant la rencontre avec Monseigneur Fellay – une plus pleine communion, parce que la communion existe ».
- ´ Puis déclarations réitérées pour souligner que la déclaration de l’excommunication par Rome constitue un obstacle pour l’apostolat, et que, par conséquent, il faut demander le retrait de cette déclaration.
- ´ Enfin, acceptation, satisfaction, joie et remerciements pour ce décret qui lève l’excommunication et remet la censure.
Mon appel ayant été rendu public le 3 février, j’ai été invité le lundi 9 février par le Supérieur du District à prendre part à une réunion de prêtres au Séminaire de Flavigny, France, afin d’exposer ma position et de profiter de ce voyage pour aborder en privé ces questions avec Monseigneur Fellay et lui-même.
Mais les choses étaient bien différentes quand je suis arrivé à Flavigny le lundi 16 février ! Comme cela était à prévoir, on m’a imposé silence et j’ai reçu une Première Admonition Canonique en vue de mon expulsion, si je persistais à faire appel publiquement.
Ainsi donc, alors que la situation vis-à-vis de Rome est de plus en plus ambiguë, supplier publiquement les quatre Évêques de la Fraternité de reconsidérer devant Dieu la situation actuelle et, à l’exemple de Monseigneur Lefebvre, de revenir sur leurs pas, leur demander instamment de confirmer à nouveau prêtres et fidèles dans le bon combat pour la Rome Éternelle contre l’Église conciliaire, cela est considéré comme un délit par les actuelles autorités de la Fraternité St Pie X !
À l’admonition canonique j’ai répondu, par lettre du 24 février, que :
J’affirme que je suis intervenu publiquement parce que la confusion des termes qui existe, la situation d’humiliation de « l’opération survie de l’Œuvre de la Tradition » et l’attaque contre son existence même m’ont mis dans un véritable « état de nécessité ».
Je témoigne que j’ai agi de « bonne foi », avec « bonne volonté » et avec « rectitude de conscience », étant donné que depuis 2004 j’avais essayé, en privé, d’éviter d’arriver à la situation actuelle, mais sans résultat.
Le mardi 17 février à Flavigny, j’avais d’ailleurs encore remis à Monseigneur Fellay et au Supérieur du District, en mains propres, un travail dans lequel je développais les quatre points suivants :
1) Les deux préalables n’ont pas atteint leur but. Ils se sont montrés inefficaces.
2) On n’a pas reçu ce qu’on a demandé.
3) Ce que l’on dit avoir obtenu ne correspond pas à la réalité.
4) La publication des deux documents romains a eu pour conséquence un mal plus grand encore. Les actes législatifs romains ont humilié la Sainte Messe et l’Opération survie de l’Œuvre de la Tradition. (Voir Annexe VI, page 21).
Ici j’attire l’attention de mon lecteur sur le fait que la réunion de ces quatre points constitue une utilisation indue de la Médiation de la Très Sainte Vierge Marie et un outrage envers la Mère de Dieu.
De plus, se jeter volontairement dans cette « opération-suicide » implique tenter Dieu qui a déjà sauvé l’Œuvre de la Tradition en 1988… « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ».
Enfin, toujours dans ma réponse du 24 février, j’ai demandé que dans la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs nº 74 soit enfin clarifiée la situation, tant en ce qui concerne les fidèles qu’en ce qui concerne Rome :
1) En ce qui concerne nos fidèles :
Que la FSSPX reconnaisse les ambiguïtés publiées et les clarifie.
2) En ce qui concerne la Rome antichrist et moderniste :
A) Rester dans la position actuelle, sans chercher de nouveaux contacts.
B) Si la Rome antichrist et moderniste tente d’avoir avec nous de nouveaux contacts, spécialement des discussions théologiques, exiger comme préalables à toute discussion et non comme matière de discussion :
a) La suppression de la distinction entre « forme ordinaire et forme extraordinaire » d’un même rite.
b) La réhabilitation sans ambiguïtés ni conditions de Mgr Lefebvre et de Mgr de Castro Mayer.
c) La déclaration formelle que la FSSPX n’a pas demandé « la levée des excommunications », comme le dit le Décret du 21 janvier 2009.
En attendant, mon séjour à Flavigny des 16 et 17 février me réservait d’autres surprises !
Le premier sursaut s’est produit quand Monseigneur Fellay au cours d’une conférence a déclaré tout simplement : « J’en ai marre de discuter sur les mots ».
Quelques jours plus tard, dans ma lettre déjà citée du 24 février, je n’ai pas manqué d’évoquer cet ennui du Supérieur Général :
« Je constate que la confusion n’a été créée ni par Rome, ni par les prêtres de la Fraternité, ni par les fidèles, mais par le Supérieur Général et les Supérieurs de Districts.
En effet, Rome a toujours utilisé le même langage, erroné, mais clair et précis.
La Fraternité, par contre, tout au long des huit dernières années est tombée dans l’équivocité dans les termes, qui a engendré une grande confusion dans l’esprit des prêtres et des fidèles.
La conséquence de cette équivocité dans les termes et de cette confusion dans les esprits est l’ambiguïté et l’imprécision dans les communiqués officiels et les articles parus dans la presse ».
(Voir Annexe VII, page 23).
La seconde surprise de Flavigny m’est venue encore par Monseigneur Fellay quand il a déclaré que « Quelques-uns pour faciliter les choses font une identification entre l’Église Officielle et l’Église Moderniste. Mais c’est une erreur, parce que nous parlons d’une réalité concrète ».
Quand les prêtres ont été invités à poser des questions, je me suis contenté, pour répondre à cette déclaration, de me référer à une conférence et à une interview de Monseigneur Lefebvre, dont j’ai lu quelques passages, tout simplement.
De plus, dans ma lettre du 24 février, j’ai demandé si cette « réalité concrète » est « l’église visible » de Dom Gérard. Et j’ai ajouté que je ne voudrais pas assister à une nouvelle confusion sur les mots qui conduirait de nouveau notre Supérieur Général à « en avoir marre » ; parce que, en effet : Rome a toujours utilisé un langage clair et précis. Monseigneur Marcel Lefebvre et les autorités de la Fraternité ont également toujours utilisé un langage clair et précis. Aujourd’hui, par contre, le Supérieur Général, Monseigneur Bernard Fellay, exprime une idée insolite et étonnante, inconnue dans le langage de notre Fondateur. Il doit utiliser des formules claires et précises pour éviter une nouvelle confusion, cette fois à propos de l’identification entre “église officielle” et “église moderniste” ou “église conciliaire”. Il ne peut pas changer la nature de notre combat ; s’il ne veut pas accomplir cette mission, il doit y renoncer. (Voir Annexe VIII, page 27).
Comme je n’ai même pas obtenu accusé de réception de cette lettre, j’en ai envoyé une autre le 10 mars. Or, le 9 mars, le Supérieur de District m’a écrit, disant répondre à mes lettres du 24 février et du 10 mars (sic). En réalité, il répondait seulement à ma décharge sur l’Admonition Canonique contenue dans ma lettre du 24 février. En substance, il me dit :
« La Fraternité n’a pas abdiqué de sa volonté de combattre les grandes erreurs et hérésies véhiculées par la Rome conciliaire. En conséquence de quoi, les approximations ou contradictions que vous déplorez restent cependant accidentelles. Elles ne justifiaient donc pas une réaction publique comme celle que vous avez eue. Seule une capitulation avérée de la Fraternité dans le combat de la foi aurait pu légitimer cette protestation publique ».
Le 17 mars je répondis à cette lettre en posant le problème dans sa réalité concrète :
- ´ Est-il accidentel que le rite romain de la Sainte Messe (qui n’avait jamais perdu son droit) ait perdu, de jure, sa condition de seule forme ordinaire et officielle ?
- ´ Est-il accidentel que la Rome antichrist et moderniste, par le biais du Motu proprio, l’ait humilié en le reléguant au rang de « forme extraordinaire » et en l’unissant au « rite bâtard », qui serait la « forme ordinaire » de l’unique rite romain ?
- ´ Ne pas avoir réagi devant semblable innovation, ne constitue-t-il pas déjà une capitulation avérée de la Fraternité dans le combat de la foi ?
- ´ La Rome antichrist et moderniste, par le Décret du 21 janvier 2009, a humilié l’« opération survie » des sacres épiscopaux, la présentant non seulement comme illicite, mais aussi comme délictueuse et censurable. Est-ce accidentel de ne pas avoir exigé que soit lavé l’honneur des évêques consacrés, des deux évêques consécrateurs, de la Fraternité, de toute l’Œuvre de la Tradition, et surtout l’honneur de l’Église ? Est-ce accidentel de ne pas avoir réagi devant pareille diffamation, qui remet en cause la continuité de notre mission ?
Si cela ne constitue pas encore une capitulation avérée de la Fraternité dans le combat de la foi, cela y conduit sûrement.
Il semble bien que le Supérieur Général, pour faciliter les choses, ne veut plus faire l’identification entre l’Église officielle et l’Église moderniste. Est-ce accidentel ?
Non ! cela n’est pas accidentel à notre combat, il s’agit d’une véritable dénaturation du combat de l’Œuvre de la Tradition pour l’Église catholique contre l’Église conciliaire.
Le 21 avril j’ai reçu un courrier électronique du Supérieur du District, daté du 18 dont voici un extrait :
« Le combat de la Fraternité est de garder, transmettre, propager et confesser la Foi. De combattre, en conséquence, toutes les erreurs et les hérésies professées par « l’église conciliaire » qui l’affaiblissent et la corrompent. De maintenir sa protestation contre ces erreurs et ces hérésies, alors même que certaines concessions lui seraient faites, tant que les principes de la révolution conciliaire n’ont pas été désactivés. Enfin, dans les circonstances actuelles, et conformément à la déclaration du Chapitre Général de 2006 ainsi qu’à la stratégie sans cesse répétée par notre Supérieur Général, de ne pas accepter de conclure des accords canoniques avant d’avoir obtenu la certitude morale que Rome ait renoncé aux principes mortifères du Concile. Voilà ce qui fait l’essentiel de notre combat. Aucune des questions que vous posez ne touche à cela seul qui est essentiel. »
J’avoue que de semblables affirmations m’ont désorienté un peu plus. Selon le Supérieur du district, il serait accidentel :
- ´ que le rite romain de la Sainte Messe ait perdu sa condition de seule forme ordinaire et officielle ;
- ´ que la Rome antichrist et moderniste l’ait humilié en le reléguant au rang de « forme extraordinaire » et en l’unissant au « rite bâtard » ;
- ´ que ne soit pas lavé l’honneur des évêques consacrés, des deux évêques consécrateurs, de la Fraternité, de toute l’Œuvre de la Tradition, et surtout l’honneur de l’Église ;
- ´ qu’on ne fasse plus l’identification entre l’Église officielle et l’Église moderniste…
Tandis que je réfléchis à une réponse, arrive la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs Nº 74, qui confirme les ambiguïtés et les contrevérités déjà dénoncées, en même temps que l’intention de discuter avec la Rome antichrist et moderniste sans exiger d’elle des explications ni réfuter sa fausseté. Toute cette stratégie, pourtant bien claire en elle-même, est cachée derrière « l’écran de fumée » des 12.000.000 de chapelets. Cette Lettre a motivé les commentaires de l’Annexe IX page 33.
C’EST A CE MOMENT QUE JE DÉCIDE DE QUITTER LA FRATERNITÉ…
En effet, comme le dit le Père Leonardo Castellani : “Vivre “en protestant” ce n’est pas un idéal religieux. On proteste une fois contre un abus ; et ensuite on commence à vivre contre l’abus ou en-dehors de l’abus”.
Après avoir essayé de « vivre contre l’abus » pendant ces derniers mois, présentant mes « protestations » de manière privée, j’en suis arrivé à la conclusion suivante :
- ou bien l’abus allait m’expulser (me mettre dehors), si je continuais à vivre contre lui,
- ou bien je devais prendre la décision de vivre en dehors de l’abus.
De même que j’avais eu à lutter dans la chère paroisse réactionnaire de mon adolescence ; de même que j’ai dû prendre la décision de choisir un séminaire en dehors du diocèse de Buenos Aires pour le quitter trois ans plus tard, aujourd’hui, après trente années, j’ai choisi d’abandonner la Fraternité Saint Pie X. J’assume la responsabilité de cette décision pour défendre résolument ma foi et mon sacerdoce, attaqués par la Rome antichrist et moderniste, inspiratrice et propagatrice de l’hérésie conciliaire.
Ma résolution de partir étant déjà prise, le 29 avril je répondis brièvement au courrier du Supérieur du District daté du 18 avril : Aucune de vos lettres n’a apporté de réponse claire et précise à mes questions. Mais rassurez-vous : vous pouvez être certain à présent que je ne reviendrai plus sur ces sujets ; je vois que c’est inutile…
Il restait encore une surprise à venir, et non des moindres. Le 7 mai j’ai reçu une lettre du Supérieur Général, Monseigneur Fellay, datée du 11 avril. Premier courrier après le 3 juin 2005 !
Il est triste de constater qu’il n’a pas eu d’autre but en m’écrivant que de manifester son agacement, brandir des menaces et proférer des insultes.
L’autorité invoquée, que je ne cesse pas de lui reconnaître, lui vient de Dieu, certainement, mais ne lui a pas été conférée pour insulter ses sujets. En agissant de la sorte, il démontre, une fois de plus, qu’il n’a pas d’autre argument que le volontarisme : « sic volo, sic iubeo, sit pro ratione voluntas ».
À ce stade des événements, ma réponse se contentera de donner une leçon à l’abus d’autorité. Mais il y aura encore une réponse, et de sa part, et de la mienne. Voir en l’Annexe X ces quatre lettres, page 35.
Je suis parfaitement conscient de l’immense responsabilité que je dois assumer ; à partir de maintenant je serai considéré comme « clericus vagus », sans aucune reconnaissance, ni de l’Église officielle (il y a 30 ans que j’ai renoncé à elle), ni de l’Œuvre de la Tradition qui adhère au nominalisme et au volontarisme des actuelles autorités de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, ce nominalisme et ce volontarisme les empêchant de continuer le bon combat pour l’Église Catholique contre l’Église Officielle, conquise par le Conciliarisme.
Ce motif, ajouté à l’outrage envers la Très Sainte Vierge Marie et à la tentation contre Dieu constitue la raison ultime de mon départ. Voir Annexe XI, page 43, points 7), 15), 16), 17) et18).
Si c’est nécessaire, je répète une fois de plus que je conteste et estime nuls et sans valeur, tant de droit que de fait :
— le Motu proprio Summorum pontificum, du 7 juillet 2007, qui prétend assimiler le Sacro-saint Rite Romain de la Sainte Messe au « rite bâtard montinien »,
— les prétendues excommunications de 1988, le Décret qui essaie de les déclarer et le Décret du 21 janvier 2009 qui tente de les lever, en laissant croire qu’elles étaient valables.
Ces contestations et leurs conséquences, je les considère comme une marque d’honneur et un signe d’orthodoxie devant les fidèles. Ceux-ci, en effet, ont le droit absolu de savoir que le prêtre auquel ils s’adressent n’est pas en communion avec une église falsifiée, évolutive, pentecôtiste et syncrétiste.
La divine Providence a voulu que Monseigneur Lefebvre, 21 jours avant sa mort, écrive ces paroles aussi consolantes que prophétiques ; c’est à elles je fais appel à présent :
« Le restaurateur de la chrétienté c’est le prêtre par l’offrande du vrai sacrifice, par la collation des vrais sacrements, par l’enseignement du vrai catéchisme, par son rôle de pasteur vigilant pour le salut des âmes. C’est auprès de ces vrais prêtres fidèles que les chrétiens doivent se regrouper et organiser toute la vie chrétienne. Tout esprit de méfiance envers les prêtres qui méritent la confiance diminue la solidité et la fermeté de la résistance contre les destructeurs de la Foi ». (Préface du n°1 de la « Documentation sur la Révolution dans l’Église », Écône, le 4 mars 1991).
À Fort de France, le 4 août 2009,
Père Juan Carlos Ceriani
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Interview de l’Abbé Florian Abrahamowicz à Paris, juin 2009
Interview de l’Abbé Florian Abrahamowicz à Paris par Stephen Heiner, True Restoration
Lors d’une récente visite à Paris, j’ai eu l’idée de profiter de la présence de l’abbé Abrahamowicz dans la même ville, en me servant de mon collègue John Daly comme interprète. Vous trouverez ci-dessous le texte intégral de l’interview, traduite de l’original français par les soins de M. Daly.
Outre son rôle d’écrivain catholique traditionnel, son métier de traducteur et ses devoirs de père de huit enfants tous recevant leur instruction à domicile, John Daly est président de Tradibooks, une maison d’éditions qui réédite les vieux livres catholiques : www.tradibooks.com.
Stephen Heiner : Monsieur l’abbé, aux États-Unis nous ne sommes pas célèbres pour suivre les actualités mondiales, d’où certains peuvent ne pas être au courant de votre expulsion de la FSSPX. Si vous le permettez, donc, commençons au début : Comment êtes-vous venu à la messe traditionnelle et, puis, à votre vocation ?
RÉPONSE 1. Je suis venu à la messe traditionnelle en 1978 à Vienne en Autriche. Lorsque j’y ai assisté pour la première fois, j’étais fortement impressionné par la différence entre elle et la nouvelle messe – au point même de penser dans un premier temps que l’ancienne messe ne pouvait pas être un culte de la religion catholique. Ensuite, ma joie était grande de découvrir ce trésor, cette eau, qui nous était cachée par la messe judaïsée. Depuis l’année 1976 j’ai commencé à connaître la Fraternité Saint Pie X. Dix ans plus tard, après trois années passées à l’Institut Universitaire de la Fraternité à Paris je suis entré au séminaire de Flavigny et j’étais ordonné par Mgr Licinio Rangel en 1992 à Écône.
2. Depuis combien de temps êtes-vous prêtre ? Pendant combien de temps avez-vous été supérieur ? Quels sont les autres rôles que vous avez occupés dans la Fraternité ?
RÉPONSE 2. Je suis prêtre depuis 1992. J’étais responsable de l’apostolat en Albanie et de la formation des jeunes albanais dans notre pré-séminaire en Autriche ; j’ai enseigné pendant trois années dans notre séminaire de Zaitzkofen ; je suis responsable depuis onze ans de l’apostolat dans le nord-est de l’Italie, mais je n’ai jamais été supérieur.
3. À quel moment ont commencé vos désaccords avec Menzingen ? Y avait-il d’autres prêtres d’accord avec vous ? Qu’ont-ils conseillé ?
RÉPONSE 3. Les premiers désaccords avec Menzingen ont commencé en 2001, lorsqu’il s’agissait de l’éventualité d’un accord avec la Rome moderniste. À l’époque je n’étais pas seul du tout. Le prieur de Rimini, don Ugo Carandino et don Davide Pagliarani étaient farouchement contre un arrangement avec la Rome du concile. Puis il y avait d’autres prêtres, directeurs de séminaire, professeurs et prieurs qui s’opposaient de façon très explicite, et efficace. Le devoir de conscience nous poussait a déclarer ouvertement aux supérieurs que nous ne pourrions pas suivre, dans le cas ou on finirait par cohabiter avec l’église moderniste, a l’époque gouvernée par Jean Paul II.
4. De quelle sorte de désaccord s’agissait-il ?
RÉPONSE 4. Il s’agissait d’un désaccord théologique qui en même temps était un désaccord qui entraînait des conséquences pastorales. La Rome moderniste ne représente pas l’église catholique. Nous n’avons pas à demander d’être acceptés, reconnus, compris, entendus, etc. . Nous avons le devoir d’exiger la pleine catholicité de la part de qui occupe le siège apostolique. Ce ne serait qu’une illusion puérile, jouer aux infiltrés dans la Rome moderniste, pour “après” la convertir du “dedans”. Ou l’église est catholique ou elle n’est pas. Et elle ne peut pas être dans une autre église. L’église n’est quand même pas un parti ou un courant politique qui peut être plus ou moins présent dans d’autres réalités.
5. Lorsque vous avez pris la parole en public au sujet de la controverse autour du “holocauste”, lequel de vos propos a suscité le plus de problèmes ? Et pourquoi ?
RÉPONSE 5. Les confrères étaient d’accord avec tout ce que j’ai dit dans mon interview à la Tribuna de Trevise. Mais personne n’imaginait l’effet médiatique que cela aurait eu. C’est donc le fait même d’attaquer les juifs publiquement qui a fait trembler et en suite ébranler l’amitié des confrères et des supérieurs. Toucher le nouveau Messie, c’est-à-dire critiquer la politique sioniste, c’est le crime de lèse-majesté par excellence. Or le Vatican se plie à cette majesté. Donc la Fraternité qui est entrée en amitié avec le Vatican de Ratzinger devait sacrifier aux dieux : après que le Vatican, par la bouche de son porte-parole Lombardi a pris ses distances avec l’abbé Abrahamowicz, la Fraternité a fait mieux ; elle a expulsé son membre a vie en déclarant que les propos de l’ expulsé portent gravement atteinte à l’image de la fraternité au service de l’église. Quelle église ?
6. Quant à Mgr Williamson, que pensez-vous de ce qui lui est arrivé ?
RÉPONSE 6. Monseigneur Williamson n’a pas été expulsé, il a été destitué de sa charge, et son commentaire sur les aspects techniques des chambres a gaz étaient jugés avec les termes les plus péjoratifs de la part de ses confrères dans le sacerdoce et dans l’épiscopat. Il est réduit au silence par son supérieur, Monseigneur Fellay. Pour ne pas dire qu’il est interdit de toucher au nouveau Messie, on a rangé l’affaire parmi les “questions historiques” qui ne sont pas de compétence d’un évêque. Et qui pour cela ne doit plus exercer son ministère ?
7. Certains ne se privent pas de dire que vous êtes désobéissant et fauteur de troubles. Comment leur répondez-vous ?
RÉPONSE 7. Je réponds en disant que tout ce que j’ai fait, je l’ai fait avec l’accord de mes supérieurs. La désobéissance, – due et sainte – a commencé quand je suis resté dans ma chapelle, après avoir été expulsé “pour des raisons disciplinaires graves”. Sans résistance physique je suis tout de même resté dans ma chapelle et j’ai continué à dire la messe pendant un mois jusqu’au jour ou j’ai été délogé par la violence de la part de mon supérieur. Oui, j’ai désobéi à l’ordre de mentir publiquement. J’aurai du désavouer publiquement les vérités confessées le jour avant. Le trouble est venu non pas de moi mais en raison de la façon dont le supérieur général a réagi à la campagne médiatique contre Williamson et moi-même. Au lieu de protéger et défendre ses membres, il les a désavoués. Quelle victoire pour le Vatican – qui, tout en étant pleinement au courant de l’interview de Monseigneur Williamson, feignait et feint de ne rien savoir au sujet des opinions révisionnistes de Monseigneur Williamson.
8. Mgr Williamson m’a confié son désaccord total avec vous au sujet du Motu Proprio. S’il vous plaît expliquer ce désaccord.
RÉPONSE 8. Monseigneur Williamson n’était pas d’accord avec mon jugement sur le Motu Proprio. Comme Monseigneur Fellay, il refuse de donner un jugement définitif sur cette institution. À mon avis la messe du Motu Proprio n’est pas la Sainte Messe catholique. Matériellement les gestes et les paroles sont les mêmes, mais formellement le rite s’insère dans une hiérarchie moderniste et apostate, ce qui rend illicite la participation à ce culte, comme il est défendu de participer aux rites hérétiques et schismatiques. L’article 1 du MP précise bien que l’autorité impose que le rite exprime publiquement la foi de la nouvelle messe. Et ceci se fait indépendamment de qui célèbre le rite. Précisément parce que c’est un rite, une fonction aux gestes et à la signification des gestes et des paroles établis par le législateur. Nous sommes donc en présence d’un vieux rite avec une nouvelle foi, un rite bâtard comme celui de la nouvelle messe. Monseigneur Williamson suit Monseigneur Fellay dans le refus de donner un jugement sur la messe du MP. Mais dans les faits c’était le Te Deum.
9. Qu’avez-vous l’intention de faire maintenant ?
RÉPONSE 9. Maintenant je reste à la disposition des fidèles qui ne veulent pas abandonner le combat de la tradition et qui pour ce faire veulent rester fideles aux dispositions ultimes de Monseigneur Lefebvre : on ne discute pas avec la Rome moderniste. C’est une illusion puérile de croire pouvoir convertir Rome du “dedans” en entrant de le system de l’église Conciliaire. Il faut simplement continuer à se sanctifier. C’est ce que je veux faire dans ce petit espace que j’ai loué et auquel je donne le nom de domus Marcel Lefebvre (Via Pietro Nenni,6, 31038 PAESE (TV) Italie). Sainte Messe tous les dimanches, catéchisme, cours de formations, etc. . Et puis, outre les dons des fidèles, j’essaye de travailler dans les traductions et l’interprétariat.
10. À votre avis, que deviendra la FSSPX ? Ses prêtres ? Ses fidèles ?
RÉPONSE 10. Je ne connais pas le futur, mais le présent est devant nos yeux. La Fraternité a chante le Te Deum pour le MP, a remercié pour le faux “pape” du retrait des excommunications n’ayant jamais existé, a exprimé confiance en Ratzinger qui aujourd’hui est encore plus “serpent” que du temps où Monseigneur Lefebvre l’appelait ainsi ; tout cela amène la Fraternité dans la situation absurde de la fraternité Saint Pierre, du Barroux, etc. ; certes, de jure cette trahison n’est pas faite. Le papier n’est pas signé. De facto malheureusement la trahison est faite. Une preuve : ce que j’ai appris au séminaire et que j’ai même enseigné au séminaire et prêché pendant onze ans ici en Italie a été qualifie par mon supérieur dans le communiqué de presse qui m’expulsait comme contraire à la position de la Fraternité. Je veux rester fidèle aux enseignements reçus au séminaire, dont je suis sûr qu’ils soient la doctrine catholique.
11. Mgr. Tissier de Mallerais a récemment écrit “j’admets très bien qu’un prêtre, que des fidèles, aient des doutes sur la validité d’un pape tel que Jean-Paul II ou Benoît XVI…” Or, admettez-vous que l’on ait ces doutes ? Partagez-vous ces doutes ? Vos convictions personnelles sont-elles proches de celles qui ne reconnaissent pas en Benoît XVI un pape légitime ? Que pensez-vous de la position dite sédévacantiste ?
Lorsqu’on m’accuse ou on essaye de me démoniser comme sédévacantiste je réponds que je me refuse de m’appeler sédévacantiste, non pas parce que je suis “papiste” dans le sens de ceux qui tout en admettant que BXVI n’est pas catholique affirment qu’il est pape. Je tiens à proposer la réflexion suivante et je laisse conclure au lecteur. Quand Mgr Lefebvre affirme en conclusion et en fin de vie, donc après un long mûrissement de son attitude envers la Rome qu’il cherchait jusqu’aux sacres, “l’église officielle ne représente pas l’église catholique,… c’est une illusion puérile de vouloir en faire part pour la convertir du dedans” il me semble que le problème qu’il pose va bien au delà de la simple “sedes vacans”.
Le siège vacant dans le sens d’un pape qui par son hérésie cesse d’être pape, était contemplé par les théologiens dans le cadre d’une église normalement catholique. Or aujourd’hui le problème – mystérieux et apocalyptique – est différent. Avec le “pape” c’est le orbis catholicus qui ne professent plus la foi catholique, le corps des évêques qui ne sont plus catholiques, les fideles, même ceux dans la plus bonne foi qui ne sont plus catholiques : Voulons nous comprendre que le problème aujourd’hui est donc plus grand de celui d’un pape hérétique ? Peut être c’est une des raisons pour lesquelles Mgr Lefebvre écartait la solution sédévacantiste comme “trop simple”: La question est bien plus complexe. Puis il y a le fait que Josef Ratzinger, Pape ou non pape, catholique ou non, siège au Vatican, l’occupe, l’usurpe, tout ce que l’ont veut, mais il est là, et cela va bien a la grande masse des soi disant catholiques.
Comment leur faire comprendre qu’il n’est pas catholique ? comment leur faire comprendre qu’eux ne sont plus catholiques ? Voila peut-être la raison pour laquelle Mgr. Lefebvre, devant un si grand problème a voulu en toute simplicité se contenter de construire : écoles, familles et prêtres catholiques ; dénoncer ouvertement l’apostasie en tiare et en chape et laisser à l’histoire le jugement définit sur ces “papes” dont il doutait qu’ils soient papes et qui aujourd’hui semblent vraiment donner tous les signes de ne l’être plus. La fraternité, aujourd’hui, a-t-elle encore la crédibilité pour affirmer de telles vérités ? La diplomatie et la politique au “dé-service” du combat de la tradition n’ont ils pas affadi le sel ? Dieu dans sa toute-puissance peut faire susciter d’autres hérauts de la foi. Peut-être quelque évêque qui rêve depuis longtemps de se convertir du schisme et de l’hérésie orientale à la catholicité ? Quelque précurseur de la Russie convertie ? Il est très important de s’incliner devant le grand mystère de la situation actuelle sans vouloir rationaliser le mystère de l’apostasie générale. Donc, plus que le siège, c’est en quelque sorte l’église qui est vacante, tout en restant visible dans son humanité et sa divinité là où la foi est professée sans compromission de fait avec la Rome moderniste.
Vous pouvez Télécharger l’interview en PDF
Monseigneur Fellay est un âne !

Dans une conférence tenue par Mgr Fellay en avril 2008 au Gabon[1], celui-ci affirmait sous le titre « L’Histoire de l’Église nous renseigne » ce qui suit :
« L’histoire nous apprend que le Corps Mystique, rarement, très rarement, peut avoir mal à la Tête, celle qui est visible, à savoir le Pape car la tête invisible, le Christ, est parfaite et toujours en santé. Ainsi dès les débuts, St Pierre, premier Pape, a failli en reniant le Christ.
Plus tard St Paul s’opposera vigoureusement à la décision de Saint Pierre d’imposer le fardeau du Mosaïsme aux chrétiens venus du paganisme.
Au temps de l’arianisme, le Pape Libère signera une profession de foi semi arienne. Il excommuniera St Athanase d’Alexandrie, fidèle au Credo catholique, lequel avait continué de sacrer des évêques catholiques, malgré le Pape.
Le Pape Honorius favorisa l’hérésie à tel point qu’après sa mort, sous le pontificat de Léon II, Honorius sera jugé, condamné, ses restes exhumés, brûlés et jetés dans le Tibre.
Ces quelques faits de l’Histoire antique de l’Église disent assez que la Tête, le Pape, peut se tromper. »
Un de nos correspondants vient de nous adresser un échange de courrier qu’il a eu avec Mgr Fellay à se sujet, et ses réflexions quant à l’incompétence doctrinale de celui-ci au moment où vont s’ouvrir les « discutions doctrinales »[2] avec la secte Conciliaire dans le but de convertir celle-ci à l’Église Catholique. La FSSPX prétend être l’Église catholique et surtout l’Église ENSEIGNANTE :
Mon propos n’aura pas pour but de dire ou d’inciter les catholiques à se détourner de la FSSPX en tant que dispensatrice des sacrements. Il est certain que les sacrements ont été changés, qu’ils ont été pervertis, le plus souvent dans la matière et la forme, par les Révolutionnaires qui ont fait avec Vatican II « 1789 dans l’Église » comme le disait le F. M. prétendu cardinal, Suenens.
Ce dont il s’agit ici, c’est de démontrer que la FSSPX n’est pas l’Église catholique et surtout qu’elle n’est pas l’Église ENSEIGNANTE comme elle le prétend. Ce que je dis ici, et ce à quoi non seulement j’incite, mais j’incite instamment, c’est donc de se détourner absolument de l’ENSEIGNEMENT de la FSSPX : qu’il s’agisse des sermons, des retraites, des conférences, des cercles, et surtout des écoles, des universités et des ordres religieux, ils sont à fuir. L’enseignement de la FSSPX est à fuir et le milieu social qui s’est créé autour d’elle est à fuir. La FSSPX n’est pas l’Église, elle n’est pas l’Église enseignante, car « l’Église c’est le Pape », disait Mgr de Ségur.
Que la FSSPX s’auto attribue un rôle d’Église Enseignante « de suppléance » ce n’est pas douteux : « Pourquoi, les uns et les autres, avons-nous été attirés par cette Fraternité St Pie X… ? », demandait récemment de Cacqueray. « Pourquoi avoir choisi, », déclare-t-il[3] « pour les uns, de devenir prêtres, … pour les autres de fréquenter ses chapelles, pour tous de s’en remettre à son enseignement et à son action de suppléance dans la crise de l’Église ? » Et un autre, de la même FSSPX, nous parle le plus sérieusement du monde du « ministère critique de la Fraternité Saint Pie X »[4] !
Nous allons donc passer en revue un échange de courrier que nous avons eu ces six derniers mois avec Mgr Fellay, échange qui démontre d’abord que l’enseignement de la FSSPX est nocif, qui démontre ensuite que la FSSPX se substitue à l’enseignement ordinaire du Souverain Pontife. Cette substitution n’est pas admissible, d’abord parce que la FSSPX n’est pas le Pape et ensuite parce que son enseignement est faux. L’échange de courrier que nous allons voir démontre également et surtout que la conception de l’Église professée par la FSSPX n’est autre que celle de l’Université de Paris au temps de Ste Jeanne d’Arc.
Avant de passer à la lecture du courrier que notre correspondant envoya à Mgr Fellay, à la suite de cette conférence, examinons deux points sur lesquels notre correspondant n’est pas revenus dans ses échanges avec le supérieur de la FSSPX, mais qui ont néanmoins leur importance.
Voici les réflexions de notre correspondant (les accentuations gras et soulignés sont de nous) :
Y a-t-il deux têtes dans l’Église ?
Mgr Fellay indiquait donc, nous l’avons lu, : « L’histoire nous apprend que le Corps Mystique, rarement, très rarement, peut avoir mal à la Tête, celle qui est visible, à savoir le Pape car la tête invisible, le Christ, est parfaite et toujours en santé. »
Boniface VIII enseigne pourtant dans la Bulle Unam Sanctam : “L’Église une et unique n’a qu’un seul corps, une seule tête, non pas deux têtes comme pour un monstre, à savoir le Christ et le Vicaire du Christ, Pierre et le successeur de Pierre … [5]
Cette création de deux têtes dans l’Église c’est l’opposition, classique, de tous les hérétiques et de tous les schismatiques, entre N. S. Jésus-Christ et Son Vicaire, Il y a dix ans déjà, nous faisions état de cette même position ainsi formulée par l’abbé du Chalard dans son livre La tradition “excommuniée” : “Le Pape est le Vicaire et non le Successeur du Christ, disait-il et l’Église est le Corps Mystique du Christ, non le Corps Mystique du Pape. C’est pourquoi saint Jérôme écrivait au Pape Damase : “Moi, je ne suis personne d’autre que le Christ comme premier chef : Je suis ensuite lié par la communion à Votre Béatitude, c’est-à-dire à la chaire de Pierre, sachant que sur cette pierre est bâtie l’Église. “[6] En d’autres termes, le devoir de suivre le Christ est indépendant de celui de suivre le Pape. Je passe sur le fait que l’abbé du Chalard était contraint de fabriquer un faux pour soutenir sa position, car St Jérôme disait “Moi, ne suivant personne en premier sinon le Christ je suis lié par la communion à Votre Béatitude, c’est à dire à la chaire de Pierre. Je sais que sur cette pierre est bâtie l’Église. “
Cette position est bien celle des hérétiques puisque Marc Sangnier, chef du Sillon condamné par St Pie X, disait : “L’Église ce n’est pas le clergé ; ce ne sont pas les évêques, l’Église ce n’est pas le Pape ; l’Église c’est Jésus-Christ” [7] . Un autre moderniste, G. Tyrrell, ancien jésuite excommunié par St Pie X, qui mourra comme Loisy dans l’apostasie, écrivait : “Déférents, autant que le permet la conscience et la sincérité, vis à vis des interprètes officiels de la pensée de l’Église, nous devons cependant interpréter leurs interprétations d’après la règle plus haute et suprême de la vérité catholique, c’est à dire la pensée du Christ“.
“Cet appel, du Pape au Christ, commentait l’abbé Lebreton dans une étude sur le modernisme, est trop évidemment protestant pour ne point choquer un catholique : confiant aux promesses du Christ et soumis à ses ordres, il sait qu’en écoutant l’enseignement du Pape, il écoute l’enseignement du Christ, et qu’en méprisant l’enseignement du Pape, il mépriserait l’enseignement du Christ ; il sait que le chrétien n’est pas enseigné de Dieu individuellement et dans le silence de sa conscience, mais collectivement par le Magistère de l’Église. Mais ce qu’il faut remarquer surtout, c’est que la thèse protestante, qui se manifeste ici avec tant d’évidence, est la conséquence inéluctable de tout le système : si la révélation est communiquée immédiatement à chaque âme… il n’y a plus de place pour l’autorité dogmatique infaillible.” [8]
Voltaire et les Encyclopédistes à la rescousse.
Deuxième point, Mgr Fellay affirme : « Le Pape Honorius
favorisa l’hérésie à tel point qu’après sa mort, sous le pontificat de Léon II, Honorius sera jugé, condamné, ses restes exhumés, brûlés et jetés dans le Tibre ». Là, on en est à la propagande révolutionnaire de Voltaire et des Encyclopédistes. Le Pape Honorius est tranquillement enterré dans St Pierre de Rome depuis sa mort. Ses restes n’ont jamais été exhumés, n’ont jamais été brulés ni jetés dans le Tibre. C’est de la calomnie pure, sans envergure, débile. Elle ne peut même pas être objet d’une contestation argumentée vu son néant absolu de fondement. Mgr Fellay serait d’ailleurs bien en mal de nous en communiquer le moindre début d’élément historique.
Il faut donc se détourner de l’enseignement – non des sacrements, – mais de l’ENSEIGNEMENT de la FSSPX. Cet enseignement est faux. Il détruit les fondements de l’Église, il détruit surtout tout principe de relèvement de l’Église. On connaît la rengaine de la FSSPX : « S’il n y a plus de Pape, il n’y a plus de cardinaux, donc Roncalli, Montini, Wojtyla et Ratzinger sont Papes, sinon on ne peut plus faire de Pape » ! À cette affirmation naturaliste on doit opposer la question de savoir « un Pape pour quoi faire » ? « Avoir des cardinaux pour faire un Pape qui sert à quoi ? » À écrire des Encycliques auxquelles on ne croit pas ? À canoniser des Saints que l’on n’honore pas ? À commander dans les mœurs et la discipline sans qu’on lui obéisse ?
Mgr Fellay et la FSSPX vous répondront que le Pape est infaillible dans son enseignement extraordinaire. Mais à ce compte là le Pape est réduit à gouverner l’Église à coup de dogmes : un dogme pour condamner la liberté religieuse, un dogme pour condamner Vatican II ou plusieurs dogmes pour condamner tout ce qui n’y est pas traditionaliste, un dogme contre l’œcuménisme avec les fausses religions, un dogme pour condamner Assise, un dogme pour condamner la célébration de la Hanouka au Vatican ou plusieurs autres pour condamner les prières publiques dans les mosquées ou tes synagogues, un dogme pour ou contre la validité des nouveaux sacres épiscopaux et celle des nouvelles ordinations sacerdotales ; mais aussi un dogme contre la nouvelle messe, un dogme pour remettre les autels à l’endroit, un dogme pour condamner l’usage du vernaculaire et pour remettre en usage le grégorien, un dogme pour la prière du Vendredi Saint, etc. etc. …
Revenons donc à notre polémique avec Mr Fellay.
Notre première Lettre à Mgr Fellay, le 29 septembre 2008 :
« Excellence,
« Un de mes amis m’a fait parvenir photocopie de la recension, publiée par Le Saint Pie, de la conférence que vous avez prononcée, le 18 avril dernier [2008] à la mission St Pie X du Gabon. Selon le rapporteur, vous avez repris, au titre de l’Histoire de l’Église, comme arguments en faveur de la faillibilité possible du Saint Siège, la chute de St Pierre, l’opposition de St Paul à Antioche, l’excommunication de St Athanase par le Pape Libère et la condamnation du Pape Honorius.
« Ces faits historiques ont été remis en circulation, par le clan hostile à l’infaillibilité pontificale, durant la préparation du Concile Vatican I. Le Pape Pie IX et le concile n’en ont pas tenu compte, puisque le dogme de l’infaillibilité a été proclamé. Mais ces arguments avaient été combattu et réduits à néant par les partisans de l’infaillibilité, sous l’impulsion de Mgr Duchesne [lapsus calami : en réalité il s’agit de Mgr Deschamps Archevêque de Malines, Duchesne est un moderniste adversaire venimeux de l’infaillibilité], l’adversaire de Dupanloup et Dom Guéranger, abbé de Solesmes.
« Voici leurs arguments :
« 1. St Pierre n’était pas encore Pape, lors de son apostasie, dans la nuit du jeudi au vendredi saint.
« 2. St Pierre et St Paul se sont livrés à un jeu de rôle, dans cette prétendue opposition, ainsi que le démontrent St Jean Chrysostome et St Jérôme, comme le soutien également St Augustin, après avoir commencé par critiquer ce point de vue.
« 3. Le Pape St Libère n’a jamais excommunié St Athanase ainsi que le démontrent de nombreux historiens dont Darras (Hist. De l’Église t. IX, p. 512, n° 42) Berchillion (Dissertation sur la prétendue chute du Pape Libère). Mise en circulation par l’arien Philostorgue, cette calomnie prétend reposer sur une lettre de St Hilaire et une de St Jérôme, dont on a démontré qu’elles étaient des faux.
« 4. La question du Pape Honorius repose sur sa réponse au monothéiste Sergius. Le Pape a été lavé de tout soupçon d’hérésie par son, successeur, le Pape Jean IV, dans une lettre adressée à Constantin III. Le texte de cette lettre se trouve dans le Dic. De théologie catholique au mot Honorius col. 108 .
« Il m’apparaît tout à fait indigne de votre excellence de se borner à diffuser ce que tout le monde colporte aujourd’hui sans preuve. Aussi je sollicite, l’erreur étant humaine, une étude personnelle de votre part sur ce sujet.
« Veuillez agréer, Excellence, etc.
Réponse de Mgr Fellay le 19 décembre 2008 :
Cher Monsieur,
Votre lettre du 29 septembre m’est bien parvenue, veuillez me pardonner si je ne vous réponds qu’en ce jour.
En la dite courrier (sic), vous me reprochiez certains propos que j’ai tenus à Libreville à l’occasion d’une conférence le mois d’avril dernier. Vos reproches portent essentiellement sur des arguments que j’ai utilisés pour expliquer la position de la Fraternité Saint Pie X dans la crise actuelle.
Vous affirmez dans votre lettre que ces arguments ont été ceux des adversaires à l’infaillibilité pontificale à la fin du XIX° siècle, peut-être ! Mais d’une part il reste que les faits avancés sont historiques et d’autre part, étant donné que le concile Vatican I° a bien défini les critères de l’infaillibilité pontificale, nous pouvons dire aujourd’hui que l’infaillibilité pontificale n’était pas exercée dans le cas d’Honorius, dans le cas de l’excommunication de saint Athanase et dans l’incident d’Antioche.
Pour mémoire, je me permets de vous rappeler la définition de l’infaillibilité pontificale donnée au concile Vatican I° : « Lorsque le pontife romain parle ex cathedra,
c’est-à-dire
1- lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens,
2- il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique,
3- qu’une doctrine en matière de foi ou de morale
4- doit être tenue par toute l’Église,
il jouit, en vertu de l’assistance divine qui lui a été promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que soit pourvue son Église lorsqu’elle définit la doctrine sur la foi ou la morale ; par conséquent, ces définitions du pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l’Église. » (DZ 3074, Constitution dogmatique Pastor aeternus)
Vous sollicitez une étude personnelle de ma part sur la question. Le temps qui m’est imparti est assez restreint, je m’en irai donc à l’essentiel, en analysant successivement le cas du pape Honorius, le cas de l’excommunication de saint Athanase et celui de l’incident d’Antioche.
1) Cas d’Honorius
Dans votre courrier, vous affirmez que le pape Honorius a été lavé de tout soupçon d’hérésie par le pape Jean IV et vous me donnez la référence du DTC correspondante.
J’aurai espéré que par honnêteté intellectuelle vous n’en soyez pas resté là, mais que vous ayez poursuivi la lecture de ce même DTC. Vous auriez ainsi appris qu’un concile (Concile de Chalcédoine) et des papes ont par la suite condamné Honorius comme ayant favorisé l’hérésie, à savoir saint Agathon, saint Léon, Léon II : « Et de la même manière Nous anathématisons les inventeurs de la nouvelle erreur, à savoir Théodore, l’évêque de Pharan, Cyrus d’Alexandrie, Serge, Pyrrhus … de même que Honorius qui n’a pas purifié cette Église apostolique, mais a tenté de subvertir la foi immaculée en une trahison impie (texte grec : a permis que l’Église soit souillée par une trahison impie). » (DZ563)
Le DTC termine ainsi son analyse de la question d’Honorius, Honorius I° col 129-130
« La définition du concile du Vatican fait entrer la question d’Honorius dans une phase plus sereine. Elle ne supprimera pas, bien au contraire, les attaques des protestants de toute nuance ; le cas d’Honorius restera toujours pour eux une arme de choix contre la doctrine de l’infaillibilité pontificale ; mais entre catholiques on est d’accord pour interpréter cet incident regrettable de l’histoire de l’Église, sans porter atteinte à la souveraineté du magistère ecclésiastique incarné dans le pontife romain. Quels que soient les moyens de défense adoptés, il reste vrai que jamais, dans un document ex cathedra, un pape n’a erré dans la foi. La théologie affirme que ce n’est pas possible, l’histoire est heureuse de souscrire à ce jugement en déclarant que cela n’a jamais été. »
2) Cas de l’excommunication de saint Athanase
Dans votre lettre, vous remettez en cause mes Propos (sic) sur l’excommunication de saint Athanase par le pape Libère, je vous invite donc à lire attentivement la Lettre « Studens paci » aux Évêques d’Orient du pape Libère.
« Dans le souci de la paix et de la concorde entre les églises, après avoir reçu la lettre écrite par Votre Charité à l’évêque Jules de bienheureuse mémoire au sujet de la personne d’Athanase et d’autres, et suivant la tradition des prédécesseurs, j’ai envoyé en députation les presbytres de la ville de Rome, Lucius, Paul et Helianus à Alexandrie auprès d’Athanase susnommé, pour qu’il vienne à Rome afin que soit établi en sa présence à son encontre ce qui correspond à la discipline de l’Église. Je lui ai fait transmettre également par les presbytres susdits une lettre dans laquelle il était dit que, s’il ne venait pas, il devait savoir qu’il serait exclu de la communion avec l’Église romaine. À leur retour, les presbytres rapportèrent qu’il refusait de venir. Finalement je me suis conformé à la lettre de Votre Charité, que vous nous avez adressée au sujet dudit Athanase, et cette lettre que j’ai composée dans le souci de l’unanimité avec vous, doit vous faire savoir que je suis en paix avec vous tous et avec tous les évêques de l’Église, mais que ledit Athanase est exclu de la communion avec moi, c’est-à-dire de la communion avec l’Église romaine, et de l’échange des lettres ecclésiastiques. (DZ 138)
3) Saint Pierre repris par saint Paul.
Vous appuyant sur certains pères de l’Église, vous affirmez que l’incident d’Antioche ne s’explique que par le fait qu’il s’agirait là d’un jeu de rôle. Certains pères de l’Église ont en effet pensé que saint Paul a repris saint Pierre en simulant, croyant en cela, sauvegarder l’autorité de saint Pierre … Mais d’autres pères, et non pas les moindres les ont réfutés : à savoir saint Augustin, saint Ambroise, saint Cyprien et saint Thomas d’Aquin. Ces saints auteurs expliquent que saint Pierre a péché véniellement en la circonstance, mais qu’il était nécessaire qu’il soit repris par saint Paul afin d’éviter un scandale plus grand.
D’autre part saint Paul lui-même est très clair. Dans son épître aux Galatiens (sic), chap II, verset 11 et suivants, il écrit qu’il a résisté à saint Pierre en face, parce que celui-ci était digne de blâme.
« Mais lorsque Céphas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu’il était digne de blâme. En effet, avant l’arrivée de certaines gens de l’entourage de Jacques, il mangeait avec les païens ; mais après leur arrivée, il s’esquiva, et se tint à l’écart, par crainte des partisans de la circoncision. Avec lui, les autres juifs usèrent aussi de dissimulation. En sorte que Barnabé lui-même s’y laissa entraîner. Pour moi, voyant qu’ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l’Évangile, je dis à Céphas en présence de tous : « Si toi qui es juif, tu vis à la manière des gentils et non à la manière des juifs, comment peux-tu forcer les gentils à judaïser ? »
Voilà donc quelques lignes, qui je l’espère, vous aideront à relire ma conférence de Libreville avec de meilleures dispositions.
Vous assurant …
Notre réponse du 18 janvier 2009 :
Monseigneur,
Votre réponse du 19 décembre dernier nous est bien parvenue et nous vous en remercions, toutefois elle ne peut rester sans réponse de notre part, comme si elle terminait la question. Non que nous prétendions nous poser en censeurs de votre excellence, mais très simplement parce que nous ne pouvons laisser les arguments avancés sans les réfuter, dans la mesure où ils doivent l’être. Sans doute reprocherez-vous à de simples laïques de s’aventurer sur de tels sujets. Nous ne faisons qu’imiter, et suivre très exactement sur le terrain dont il est question ici, d’illustres devanciers comme Joseph de Maistre ou Louis Veuillot. Ce dernier fut d’ailleurs très vigoureusement défendu par Mgr Pie, puis justifié par Sa Sainteté Pie IX dans une encyclique mémorable sur les devoirs des écrivains laïques catholiques, lorsqu’il fut attaqué et « interdit » notamment par Mgr Dupanloup.
Avant d’en venir aux arguments relatifs aux évènements passés, notamment ceux dont vous affirmez l’historicité, permettez-nous de souligner que rien, ni personne, ni ange, ni St Paul lui-même, ni une série d’antipapes, ni la pression sociale formidable du milieu traditionaliste, ne pourront contredire Pie XII dans Humani generis : “Et l’on ne doit pas penser que ce qui est proposé dans les lettres Encycliques n’exige pas de soi l’assentiment, sous le prétexte que les Papes n’y exerceraient pas le pouvoir suprême de leur Magistère. C’est bien, en effet, du Magistère ordinaire que relève cet enseignement et pour ce Magistère vaut aussi la parole : “Qui vous écoute, M’écoute … “, et le plus souvent ce qui est proposé et imposé dans les Encycliques appartient depuis longtemps d’ailleurs à la doctrine catholique. Que si dans leurs Actes, les Souverains Pontifes portent à dessein un jugement sur une question jusqu’alors disputée, il apparaît donc à tous que, conformément à l’esprit et à la volonté de ces mêmes Pontifes, cette question ne peut plus être tenue pour une question libre entre les théologiens. “
Si les Encycliques « exigent de soi l’assentiment », jamais les Papes n’ont pu y enseigner l’erreur, et aucun des prétendus exemples historiques brandis en trophée contre l’autorité du Saint Siège n’ont montré un seul Pape enseignant, dans l’exercice de ses fonctions et à toute l’Église, une quelconque hérésie condamnée. À cela s’ajoute la simple logique : si l’enseignement des Papes dans leurs Encycliques n’est pas infaillible, aucune des erreurs modernes, ni les Droits de l’homme, ni la maçonnerie, ni le communisme, ni l’américanisme, ni le Sillon, ni le modernisme, ni le nazisme, ne sont condamnés infailliblement. Les Papes pouvant se tromper dans tous et chacun des documents condamnant ces erreurs, y compris Pascendi, plus rien ne soutient les catholiques opposés à Vatican II, si ce n’est une question de choix personnel. Refuser l’infaillibilité des Encycliques c’est défendre implicitement, mais inéluctablement, la liberté de pensé.
Venons-en maintenant aux arguments, assurés comme historiques, qui nous sont opposés.
Concernant les reproches faits par St Paul à St Pierre, vous affirmez que « d’autres pères, et non pas les moindres … expliquent que saint Pierre a péché véniellement en la circonstance », St Augustin, St Ambroise, St Cyprien et St Thomas d’Aquin. Cela est inexact, au moins pour St Augustins[9], lequel affirme en terminant sa polémique avec St Jérôme :
« Après l’Ascension du Sauveur et la descente du St Esprit au cénacle, les cérémonies de l’ancienne loi n’étaient intrinsèquement ni bonnes, ni mauvaises. Elles avaient cessé d’être obligatoires, sans être encore réprouvées ; elles étaient mortes, elles n’étaient pas encore mortifères ; en un mot, elles étaient devenues choses indifférentes, dont on pouvait user dans une certaine mesure pour la conversion des juifs, de même qu’on les pouvait négliger vis-à-vis des gentils. C’est ainsi que l’apôtre St Paul, qui avait soumis Timothée à la circoncision [après ses reproches à St Pierre, et « à cause des juifs qui étaient en ce lieu »], ne l’imposa nullement à Tite, son autre disciple. »[10]
Nous ne contestons pas que d’autres Pères et Docteurs aient pu exprimer un autre avis que celui de St Jérôme et St Jean Chrysostome. Cet avis – délibérément occulté aujourd’hui – montre simplement que l’épître aux Galates ne peut trancher définitivement, comme on le fait, la question en faveur de la faillibilité de l’enseignement ordinaire des Souverains Pontifes. Cette faillibilité de l’enseignement ordinaire de St Pierre et de ses successeurs n’est en effet aucunement en question ici. Car jamais aucun Père de l’Église ni aucun Docteur n’a prétendu que ce que St Paul reprochait à St Pierre fut un enseignement, ni que cet enseignement fut proposé à toute l’Église comme une Encyclique ou une Déclaration Conciliaire, et encore moins que St Pierre ait enseigné une hérésie, trois éléments parfaitement remplis par nombre de documents des quatre derniers occupants du St Siège. Le parallèle n’est donc pas possible.
Je ne m’étendrai pas sur l’excommunication de St Athanase. La lettre Studens paci citée dans le Denzinger post-conciliaire est un faux. Le fait que la secte de faussaires – capables de rédiger la TOB et de réhabiliter Luther –, escrocs notoires, se bornent à affirmer péremptoirement que « l’authenticité de ces lettres … ont été autrefois mise en doute, à tort » (p. 46) n’y change rien. Cette lettre du Pape Libère, tous les auteurs, auxquels nous nous référons ci-dessous, ont prouvé qu’il s’agissait d’un faux[11]. Cette lettre du Pape Saint Libère est inexistante pour tous les hagiographes de St Athanase à commencer par les Bollandistes. Bossuet lui-même, dont on ne peut contester l’érudition et qui avait un intérêt puissant à défendre l’authenticité de cette lettre dans sa défense du gallicanisme, la raya de ses œuvres comme le prouve l’abbé Rochbacher[12]. Le constat est accablant : l’excommunication de St Athanase est un MYTHE fondé sur des faux rédigés par des ariens et réfutés il y a plus de trois siècles !
Ce genre de falsifications, combien n’en a-t-on pas vu ? Le catéchisme de St Pie X lui-même qui disait « Le Pape seulement est infaillible lorsque, en sa qualité de Pasteur, etc. » n’a-t-il pas été remplacé dans la traduction de Madiran par « Le Pape est infaillible seulement lorsque … » ?
Concernant le Pape Honorius, personne plus que le Père Gratry n’a accumulé les arguments et les documents contre ce Pape dans sa Première lettre à Mgr Deschamps[13]. De l’accumulation gigantesque de cet ennemi venimeux du Saint Siège contre le Pape Honorius il ne reste rien après ce qu’en ont écrit : l’abbé Rochbacher, dans son Histoire de l’Église éd. 1849 t. 10 ; l’abbé Darras dans son Histoire de l’Église t. 19 ; Mgr Fèvre dans son Histoire apologétique de la Papauté t. III ; Dom Guéranger dans Défense de l’Église Romaine contre les accusations du Père Gratry, De la monarchie Pontificale, Réponses aux dernières objections contre le définition de l’infaillibilité du pontife romain et De la définition de l’infaillibilité papale ; Mgr de Ségur dans Le Souverain pontife, Le Dogme de l’infaillibilité et l’article de l’Univers du 1er mai 1872 ; l’abbé Constant dans Honorius a-t-il été Monothélite ? ; Joseph de Maistre dans Du Pape et De l’église gallicane ; et, concernant les débats violents sur cette question durant le concile Vatican I, Louis Veuillot dans Rome pendant le Concile. Chacun de ces auteurs, tous défenseurs émérites de l’Église contre la Révolution contemporaine, n’ont en face d’eux que des catholiques libéraux allant chercher les arguments de leur partialité chez des hérétiques. Par conséquent, et quelle que soit ce que l’on peut trouver dans le DTC, la question d’une éventuelle profession de l’erreur par Honorius est réglée. Et il n’en reste rien, non pas seulement, comme vous l’affirmez, concernant le dogme de l’infaillibilité de l’enseignement ex cathedra des Papes, mais même en ce qui concerne l’enseignement pur et simple, l’enseignement ordinaire, du Pape Honorius.
Vous invoquez le Concile de Chalcédoine qui l’aurait condamné. Les actes de ce Concile contenant cette condamnation n’ont jamais été approuvés par un Pape. Ils sont donc nuls. Vous citez ensuite la traduction du Denzinger post-conciliaire de la lettre du Pape Léon II. Permettez-nous d’invoquer celle, donnée par tous les auteurs auxquels nous nous référons : « Honorius ne s’est pas efforcé de purifier l’Église apostolique par l’enseignement de la tradition des apôtres, il a laissé passer l’impur et hypocrite trahison qui a souillé la foi immaculée ». Entre « ne pas s’efforcer de purifier l’Église, laisser passer l’impur et hypocrite trahison » et « tenter de subvertir la foi immaculée en une trahison impie » comme le prétendent les modernistes, il y a un abîme !
Mais placer le débat qui nous oppose sur cette condamnation du Pape Honorius c’est déplacer le problème. Le fond de la question n’est pas tant cette condamnation pour grave qu’elle soit, que de savoir si, oui ou non, le Pape Honorius, Souverain Pontife de l’Église Romaine, a enseigné l’erreur. Car la polémique créée contre ce Pape (à commencer par l’hérétique Quesnel) et, à travers lui, contre la soumission envers le Saint Siège, consiste à dire que le Souverain Pontife a pu et peut errer dans son enseignement ordinaire à toute l’Église.
Dans cette exacte mesure, la prétendue chute du Pape Honorius, et même sa condamnation, sont absolument sans objet puisque tous, y compris les opposants les plus acharnés du Saint Siège, sont obligés de reconnaître que le Pape Honorius n’a pas, n’a jamais enseigné la moindre chose contredisant la doctrine catholique. C’est la conclusion péremptoire de Dom Guéranger. Cette accusation portée par le Pape Léon II – replacée dans son exacte portée, à savoir de ne pas avoir condamné un point, non encore dogmatique à l’époque, dans une lettre privée d’un Souverain Pontife à un seul évêque – ne peut en aucun cas être considérée comme un « précédent » à l’actuel enseignement constant de l’hérésie dans des Encycliques et des Actes d’un Concile Œcuménique.
Établir un quelconque parallèle entre l’éventuelle faute de St Pierre ou la non condamnation du patriarche Sergius par le Pape Honorius avec la situation actuelle de constante promotion par Roncalli, Montini, Wojtyla et Ratzinger d’hérésies condamnées comme telles, est invraisemblablement abusif ! Mater et Magistra, Dignitatis humanae, les multiples Encycliques explicitement hérétiques de Wojtyla et Ratzinger, sans parler d’Assise, des célébrations de la Hanouka talmudique au Vatican ou des ‘prières’ dans les mosquées et autres bénédictions réclamées à des rabbins ou à des pontifes d’autres religions diaboliques par des « Souverains Pontifes », n’ont aucune commune mesure avec les reproches faits à St Pierre ou à un Pape Honorius. Ces derniers n’ont jamais enseigné d’hérésies, ni ex cathedra ni dans leur enseignement ordinaire à toute l’Église. Non, Monseigneur, il n’y a dans l’histoire des Souverains Pontifes aucun précédent à la situation de guerre organisée contre l’Église Catholique par ceux que Mgr Lefebvre appelait des « anti-christs occupants le Siège de Pierre » !
Daigne Votre Excellence…
La « fin de non recevoir » du secrétariat de Mgr Fellay du 16 février 2009 : …
Messieurs,
Monseigneur Fellay vous remercie pour votre lettre du 20 janvier à laquelle il m’a demandé de répondre.
Il s’est étendu longuement sur la question dans sa réponse à votre lettre précédente. Votre position n’est pas celle de Monseigneur Lefebvre et ne sera jamais la nôtre ; l’extrait ci-joint de son homélie prononcé le 26 février 1983 à Zaitzkofen vous éclairera peut-être.
Je vous assure …
Yann Volanthen
Doit-on aller à Rome ?
Extrait de l’homélie prononcée par Mgr Lefebvre à Zaitzkofen le 26 février 1983
« Pour ma part, il m’a toujours semblé, en nous appuyant sur la sainte et fidèle Tradition de l’Église, que c’était mon devoir d’aller à Rome, de protester et de tout faire pour que le retour à la Tradition arrive un jour ? Alors certains membres aussi, quelquefois, de la Fraternité-hélas, ont estimé qu’il ne fallait plus aller à Rome, qu’il ne fallait plus avoir de contacts avec ceux, qui actuellement se dirigent vers l’erreur, qu’il fallait abandonner tous ceux qui ont adopté le concile Vatican II et ses conséquences, et par conséquent, puisque la Fraternité continuait à avoir des contacts avec Rome et avec le Pape, ils ont préféré quitter la Fraternité.
Eh bien mes chers frères ça n’a jamais été ce que la Fraternité a fait, ni jamais l’exemple que j’ai cru devoir donner. Au contraire, je ne cesse d’aller à Rome, je continue d’aller à Rome et je continue d’avoir des contacts avec le cardinal Ratzinger, que vous connaissez bien, dans le but de faire revenir Rome à la Tradition.
Si je considérais qu’il n’y a plus de pape, pourquoi aller à Rome ? Mais alors comment espérer faire revenir l’Église à sa sainte Tradition ?
Car c’est le pape qui doit faire revenir l’Église à la Tradition, c’est lui qui a la responsabilité et si aujourd’hui hélas il se laisse entraîner dans ces erreurs de Vatican II, ce n’est pas une raison pour l’abandonner, bien au contraire ! Il faut faire tous nos efforts pour le faire réfléchir sur la gravité de la situation, le faire revenir à la Tradition et lui demander de faire revenir l’Église dans le chemin qu’elle a poursuivi pendant vingt siècles.
Certains me diront sans doute, ceux qui nous quittent de cette manière : « C’est inutile, vous perdez votre temps ». C’est qu’ils n’ont pas confiance en Dieu ; Dieu peut tout. Humainement parlant c’est vrai, c’est décevant, mais le Bon Dieu peut tout et la prière peut tout obtenir. Et c’est pourquoi nous devons doublement prier pour le pape, pour que le bon Dieu l’éclaire, pour qu’il ouvre enfin les yeux, pour qu’il voit les désastres qui se répandent dans l’Église, pour qu’enfin les séminaires se remplissent à l’image des nôtres pour de nouveau faire des prêtres qui célèbrent la véritable messe et chantent la gloire du bon Dieu comme Notre Seigneur l’a fait sur la croix, et continuent le sacrifice de la croix. Voilà pourquoi je vais à Rome, voilà ce qu’est la Fraternité mes chers amis. »
On pourrait penser que cet échange de courriers est vain et sans objet. Chacun reste sur ses positions de départ. Chacun a ses arguments. Et il ne manquera pas de libéraux pour renvoyer dos à dos deux convictions personnelles.
En réalité cette fin de non recevoir du secrétariat de Mgr Fellay démontre que la notion de l’Église enseignante que professe la Fraternité saint Pie X est celle de l’Université de Paris qui a brûlé Ste Jeanne d’Arc au nom de cette fausse notion.
Car le secrétariat de Mgr Fellay pose clairement les choses : nous leur disons que leur position s’oppose à l’enseignement de Pie XII dans Humani generis ; ils nous répondent « votre position ne sera jamais la nôtre », parce qu’elle « n’est pas celle de Mgr Lefebvre ».
Autrement dit, « nous adhérons à la pensée de Mgr Lefebvre et nous rejetons l’enseignement de Pie XII. Nous préférons continuer à opposer Notre Seigneur Jésus-Christ et le Pape plutôt que de nous soumettre à l’enseignement de Boniface VIII ; nous préférons adhérer aux mensonges des modernistes de Vatican II publiés dans le Denzinger et prétendre qu’il s’agit de vérités historiques plutôt que d’étudier ceux qui ont approfondi ces questions bien avant nous. »
En quoi cette position est celle de l’université de Paris ? D’abord en ce que, comme pour l’Université de Paris, pour la FSSPX l’autorité dans l’Église ce n’est pas l’Église enseignante mais les clercs et plus exactement un collectif de clercs. Ensuite parce que cette autorité collective est le paravent de tous les noyautages. Enfin parce que la FSSPX prétend non seulement remplacer l’Église enseignante, mais surtout enseigner l’Église enseignante en se posant comme ceux qui feront revenir le Pape à l’enseignement traditionnel de l’Église à travers des discussions doctrinales.
La FSSPX remplace l’autorité de l’Église Enseignante par celle d’un collectif de clercs.
Le recours à la position de Mgr Lefebvre est un trompe l’œil, car d’une part personne, surtout pas Mgr Lefebvre lui-même, ne peut prétendre que le fondateur de la FSSPX ai été infaillible et d’autre part parce qu’il est mort depuis 20 ans. Aussi, depuis la disparition de Mgr Lefebvre, qui dispense cet « enseignement de la FSSPX auquel tous doivent s’en remettre dans la crise de l‘Église », comme dit de Cacqueray ? Que l’on ne nous réponde pas qu’il s’agit de Mgr Fellay. Personne ne dit que Mgr Fellay est infaillible, personne n’envisage une quelconque prépondérance entre l’enseignement de Mgr Fellay et celui de l’un des trois autres évêques ; personne même n’envisage que l’enseignement de l’un des quelconques quatre évêques de la FSSPX ait une prépondérance quelconque sur ce qu’écrit tel dominicain d’Avrillé dans Le sel de la terre ou tel prêtre de la FSSPX dans Fideliter.
Cet « enseignement de la FSSPX auquel tous doivent s’en remettre » est donc d’abord l’enseignement des clercs, l’abbé X ou le R P. Y. Il est manifeste d’ailleurs que tout clerc est pour eux « théologien », c’est-à-dire quelqu’un ayant autorité en matière doctrinale, et tout « théologien » est pour eux une autorité équivalente à celle d’un Pape. Exemple typique : lorsque nous invitons Mgr Fellay à consulter la lettre du Pape Jean IV sur le Pape Honorius en lui indiquant simplement que l’on trouve cette lettre dans le Dic. de Théol. Catholique, que lui répond Mgr Fellay ? « J’aurai espéré que par honnêteté intellectuelle vous ayez poursuivi la lecture du dictionnaire de théologie catholique ». On lui indique l’endroit où il peut trouver la lettre d’un Pape, car ce qui nous importe c’est ce qu’enseigne le Pape ; il répond : ce qui m’importe à moi, c’est l’avis du théologien de service qui réécrit l’histoire.
Cet enseignement des clercs ou « théologiens » est ensuite un enseignement collectif. Il s’agit d’une garantie collective de vérité. L’enseignement auquel de Cacqueray prétend que « tous doivent s’en remettre », c’est un « consensus » de clercs qui s’auto-proclame garant de la vérité, qui s’auto-attribue gratuitement le rôle d’Église Enseignante. Et qu’est-ce d’autre que le rôle propre de d’Église Enseignante que ce « ministère critique » dont nous parle l’abbé Chautard dans le Chardonnet ? Le ministère critique n’est-il pas le propre du Souverain Pontife qui dénonce l’erreur, qui la condamne pour en prémunir les catholiques ?
À ces deux points de vue – enseignement de clercs et enseignement d’un collectif de clercs – la position de la FSSPX rejoint très exactement celle de l’Université de Paris qui condamna Ste Jeanne d’Arc. Cette Université avait la même prétention d’enseigner la vérité : « L’honneur du Roi et du royaume demande que pareille question soit traité en France et à Paris ; car, à Paris, se trouvent en plus grand nombre qu’à Rome ou dans aucune autre ville de la Chrétienté, les excellents maîtres et docteurs en droit divin et en droit canonique », déclaraient-ils[14]. Cette Université avait la même prétention d’être ceux qui dispensent l’enseignement auquel « tous doivent s’en remettre » lorsqu’elle répondait à Ste Jeanne d’Arc qui en appelait au jugement du Pape : « Il faut que vous vous soumettiez à notre mère la sainte Église, et que vous teniez ce que les clercs et gens en ce connaissant ont dit et déterminé de vos dits et faits » [15].
La FSSPX comme l’Université de Paris sont des entités collectives, des groupes de personnes. Il s’agit de groupes sans chefs déterminés ou en tout cas sans aucune autorité doctrinale déterminante identifiée. L’enseignement auquel, selon de Cacqueray, « tous doivent s’en remettre », est en réalité un consensus moyen et anonyme d’individus qui se donnent à eux-mêmes leurs titres d’autorité doctrinale.
Il est évident qu’une telle situation est le terrain idéal pour un pouvoir occulte pour diriger l’opinion et imposer l’erreur. Virion rapporte d’ailleurs que les principaux acteurs de l’Université de Paris, comme ceux du Concile de Bâle, était de simples clercs à peine bacheliers dont les opinions furent imposées avec les mêmes méthodes que celles utilisées à la Constituante révolutionnaire : il s’agit de la direction occulte par des noyaux dirigeants de groupes réducteurs.
La situation de la FSSPX est exactement celle-là. Il s’agit, au niveau doctrinal, d’un collectif se rangeant derrière un consensus fabriqué de toute pièce par des média (Fideliter, Le Sel de la Terre, Le Chardonnet, etc.). Il règne dans ces media la plus complète des libertés de pensée et d’expression. Le milieu « traditionaliste », et les prêtres qui le desservent, sont dirigés par ce consensus où l’infiltration marranes est absolument libre de faire tout admettre ou presque.
Le milieu « traditionaliste », et plus spécialement les clercs, n’ont d’ailleurs aucune idée de ce qu’est cette guerre révolutionnaire menée par la Révolution contre l’Église. Mgr Tissier de Mallerais, interrogé par un fidèle au cours d’une conférence donnée à Mantes il y a deux ou trois ans sur la question du rôle de la Maçonnerie à propos de Vatican II, a répondu : « cela n’a jamais été prouvé ». Que dit d’ailleurs Mgr Fellay dans sa lettre aux Amis et bienfaiteurs de Pâques dernier : « souvent cette lutte [de l’Église militante] reste au niveau spirituel ; de temps en temps, du niveau des esprits et des âmes elle descend au niveau des corps et devient visible… ». Comme si l’action de la judéo-maçonnerie et du marranisme contre l’Église n’était pas constante, perpétuelle, comme si il ne s’agissait pas à chaque instant d’un matraquage psychologique titanesque pour faire considérer, soit l’Église, soit ce que l’on appelle les « intégristes », comme les pires ennemis de l’humanité en marche, comme ceux qui doivent se repentir d’avoir asservi le monde avec leur théocratie heureusement détruite par les Droits de l’Homme. Comme si d’ailleurs, Vatican II en était resté au niveau des âmes, comme s’il n’y avait pas eu, comme s’il n’y avait pas encore constamment, une persécution physique, comme si le vidage des couvents, l’interdiction de la messe, comme si Assise ou les JMJ n’était pas un combat visible de chaque instant.
La FSSPX est donc manifestement absolument incapable de comprendre l’action de la Révolution. Elle est donc incapable d’admettre une quelconque infiltration judéo-maçonnique en son sein. Cette société cléricale est donc par conséquent perméable à toutes les infiltrations, donc à toutes les manipulations. De Cacqueray en est l’illustration actuelle, mais il a été précédé par des dizaines d’autres, de Gottlieb à Aulagnier, de Madiran à dom Gérard, de Laguérie à Grégoire Cellier.
Enfin, le rapprochement entre la conception de l’Église professée par la FSSPX et par l’Université de Paris est manifeste dans cette conviction commune que c’est aux clercs de faire revenir le Pape et donc l’Église dans le droit chemin de l’orthodoxie catholique. L’Université de Paris, on l’a vu, se considérait comme l’autorité doctrinale supérieure, y compris au Pape. Mais au fond, cette volonté de le FSSPX de « maintenir le contact avec Rome » quel en est le motif ? Certains disent et diront encore que Mgr Fellay trahit, que son but est le retour à Vatican II. C’est une affirmation gratuite. Car au contraire, Mgr Fellay, comme le faisait Mgr Lefebvre d’ailleurs, pose le principe de « discussions doctrinales » préalables. Mgr Fellay le réaffirme dans la dernière Lettre aux amis et bienfaiteurs : « Nous comptons sur les discussions doctrinales annoncées pour tirer au clair aussi profondément que possible ces points [condamnés par la profession de foi et le serment anti-moderniste]. »
Qu’est-ce à dire sinon que les positions de la FSSPX exposées dans des « discussions doctrinales » doivent s’imposer à celui qu’ils considèrent comme le Souverain Pontife ? Que seront ces « discussions doctrinales » qui doivent tout résoudre, sinon l’exposition de la Vérité catholique par les clercs de la FSSPX à celui qu’ils considèrent comme le Chef de l’Église enseignante ? Que seront-ses discussions doctrinales, si elles aboutissent à la conversion de celui que Mgr Lefebvre appelait un « anti-Christ occupant le Siège de Pierre », sinon le renversement de tout l’ordre dans l’Église, renversement par lequel celui dont la charge propre est d’enseigner l’Église, comme le rappelle St Pie X au début de Pascendi, se soumet à l’enseignement de ses ouailles ?
Certes, les modernistes occupants Rome ont l’obligation grave de rejeter Vatican II et de se soumettre à l’enseignement des Papes de St Pierre à Pie XII. Certes la FSSPX, en ce qu’elle a conservé de cet enseignement, détient effectivement la Vérité. Mais ce dont il s’agit ici c’est bien de la position de la FSSPX vis-à-vis de l’Église enseignante et de la soumission des catholiques, les Évêques comme les fidèles, à l’enseignement du Pasteur suprême. Le fait même de poser la possibilité d’un retour à l’ordre par le biais de discussions doctrinales entre la FSSPX et le Pape, c’est poser le principe purement moderniste que l’Église enseignée doit gouverner l’Église enseignante. En cela la FSSPX s’oppose, ni plus ni moins que les modernistes de Vatican II, à toute la tradition de l’Église, à l’enseignement de tous les Papes et c’est pour cela d’ailleurs que c’est auprès des modernistes qu’elle va chercher les arguments de sa position vis-à-vis du St Siège, comme on l’a vu avec les citations titrées du Denzinger moderniste.
Conclusion
Pour conclure, à quoi peut s’en tenir le catholique voulant rester fidèle à l’Église. II n’y a plus d’organisation, et il n’y a plus d’organisation parce que – nous l’affirmons – il n’y a plus de chef, en tout cas de chef spirituel infaillible : il n’y a plus de Pape. Encore y en aurait-il un, d’ailleurs, comme plus personne ne croit à l’infaillibilité du Pape dans ses Encycliques, il ne servirait de fait à rien du tout, sauf à ce qu’il définisse un dogme chaque trimestre. On voit par là que refuser l’infaillibilité de l’enseignement ordinaire du Pape et le dogme de l’obéissance au Pape en matière non seulement de doctrine mais aussi de mœurs, de discipline, que nous rappelions l’année dernière, c’est condamner l’Église à rester dans la situation actuelle.
Donc, quel est le rôle du catholique, individu perdu dans la masse, sans chef, avec un environnement soit public (cf. le lynchage médiatique des « intégristes » chaque fois que c’est possible), soit occulte (le marranisme), qui empêche toute action ?
Je ne vois qu’une situation analogue à la nôtre dans le passé, c’est celle du Bon Larron. D’abord, c’est un scélérat, l’Écriture elle-même nous le dit en parlant de Notre-Seigneur : « Il a été mis au rang des scélérats ». C’est un scélérat justement puni pour ses crimes : le Bon Larron lui-même le reconnait lorsqu’il dit au mauvais larron : « Pour nous c’est justice ». Enfin, le Bon Larron, avant de se convertir, est un blasphémateur comme les autres. L’Évangile nous dit en effet, qu’en sortant de Jérusalem les deux larrons blasphémaient contre Notre Seigneur. Nous pouvons nous appliquer à nous-mêmes cette comparaison. Nous sommes tous condamnés pour nos crimes, soit publics, soit privés. Nous avons tous, plus ou moins, adhéré à ces inepties d’enseignement de l’erreur des Papes dans leurs Encycliques – nous avons donc tous, plus ou moins et à des degrés divers, « blasphémé » non contre Notre Seigneur Lui-même, mais contre son Vicaire.
Alors il nous reste une seule solution, celle adoptée par le Bon Larron : affirmer ce qui crève les yeux, c’est-à-dire que pour nous, la crise actuelle c’est JUSTICE. Premier préalable indispensable. Mais il faut ensuite affirmer que pour l’Église, pour le Vicaire de Jésus-Christ, c’est une injustice criante, les Papes sont absolument innocents du crime qu’on prétend leur imputer d’être les fauteurs de la crise actuelle par les erreurs qu’ils enseignent ou qu’ils ont enseigné[16]. Cette affirmation, ce n’est pas prétendre enseigner, et encore moins prendre la place de l’Église enseignante, c’est crier, dans l’indifférence absolue – car au Calvaire personne n’écoute le Bon Larron, il ne représente rien, sans sa croix – donc crier dans l’indifférence absolue que nous croyons en la divinité de l’Église et au miracle de sa résurrection future ; que nous croyons à l’infaillibilité de l’enseignement ordinaire des Papes, à l’obéissance qui leur est dûe, que ce soit en matière de Foi, de morale et de discipline.
C’est la seule manière de « sauver notre peau » comme le fit le Bon Larron qui, au Calvaire, était le seul, avec la Très Sainte Vierge qui opérait la co-rédemption, à avoir Foi en la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Par ailleurs, cette affirmation doit aller de pair avec une demande instante à Notre Seigneur Lui-même, c’est celle de bien vouloir nous admettre dans son Royaume lorsqu’Il y sera. Ce dont il s’agit, c’est de demander à Notre Seigneur de bien vouloir nous admettre au sein de l’Église une fois la crise finie. N’imaginons pas que cette intégration dans le Royaume de Dieu est un dû, ni même une conséquence naturelle de ce que nous vivons aujourd’hui. C’est l’objet d’une grâce surnaturelle que d’être les enfants soumis de l’Église Enseignante, de recevoir cet enseignement et d’y faire adhérer nos intelligences. Cessons donc de nous imaginer que nous allons participer à un relèvement quelconque de l’Église. C’est l’Église, ce sont le Grand Pape et le Grand Monarque qui relèveront les catholiques et les feront réintégrer l’organisation sociale, politique et religieuse dont ils sont privés aujourd’hui par leur faute. Ce n’est pas l’inverse.
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Pour en finir avec “l’affaire” d’Honorius, nous vous conseillons également la lecture du livre Le Chant du Cygne Gallican de Jean Loyseau, C. Dillet, Libraire 1870
et du livre Le pape Honorius : première lettre a M. l’Abbé Gratry de Joseph Chantrel, Victor Palme, Libraire-Éditeur, Paris 1870
[1] Compte rendu de la conférence de S. E. Mgr B. Fellay, Sup. Gén. de la Frat. S. St Pie X le Vendredi 18 avril 2008 à la Mission Saint Pie X, in Le Saint Pie X, voir : http://www.laportelatine.org/international/communic/presse/afrique/2008/gabonLSP/LSP165.pdf
[2] Rome a annoncé, le 8 juillet, la publication d’un Motu Proprio de Ratzinger-Benoît XVI (signé du 2 juillet) intitulé Ecclesiae Unitatem, réorganisant la Commission pontificale Ecclesia Dei à ce sujet. Voir : http://212.77.1.245/news_services/press/vis/dinamiche/d1_fr.htm
[3] Lettre aux amis et bienfaiteurs de la FSSPX, n°73, novembre 2008, p. 1 et 2.
[4] Abbé Chautard, in Le Chardonnet n° 239 juin 2008.
[5] Boniface VIII, Bulle Unam Sanctam, 18 nov. 1302, Denzinger Bannwart 1908, n° 468.
[6] La Tradition “Excommuniée”, Juin 1989, p, 22.
[7] E. Barbier, Histoire du Catholicisme libéral, t. IV, p. 331.
[8] idem, art. modernisme, t. 3, col. 683-4.
[9] Argument déjà énoncé dans notre lettre du 18 09 2008, qui semble avoir échappé à l’attention de Mgr Fellay.
[10] Cité par l’abbé Darras, Histoire de l’Église, t. 12 p. 215.
[11] Cf. en particulier l’abbé Darras, op. cît. t. 9 p. 592 et s.
[12] Histoire universelle de l’Église catholique, de l’abbé Rohrbacher, liv. 33, t. VI, p. 414 (édition 1843)
[13] Cf. Histoire apologétique de la Papauté. Mgr Fèvre. t. III, p.448 et s.
[14] Du Boullay, V, p. 375, cité par le R. P. Ayroles, Idem. p. 31.
[15] Procès, I, p. 445, cité par Je R. P. Ayroles dans L’université de Paris au temps de Jeanne d’Arc et la cause de sa haine contre la libératrice, p. 30.
[16] Léon XIII et le Ralliement, Pie XI et la mise à l’index de l’Action Française.


Ceux qui ont écouté lundi l’émission de Philippe Maxence, rédacteur en chef de l’Homme Nouveau, sur 

favorisa l’hérésie à tel point qu’après sa mort, sous le pontificat de Léon II, Honorius sera jugé, condamné, ses restes exhumés, brûlés et jetés dans le Tibre ».
« Ces faits historiques ont été remis en circulation, par le clan hostile à l’infaillibilité pontificale, durant la préparation du Concile Vatican I. Le Pape Pie IX et le concile n’en ont pas tenu compte, puisque le dogme de l’infaillibilité a été proclamé. Mais ces arguments avaient été combattu et réduits à néant par les partisans de l’infaillibilité, sous l’impulsion de Mgr Duchesne [lapsus calami : en réalité il s’agit de Mgr Deschamps Archevêque de Malines, Duchesne est un moderniste adversaire venimeux de l’infaillibilité], l’adversaire de Dupanloup et Dom Guéranger, abbé de Solesmes.
« 1. St Pierre n’était pas encore Pape, lors de son apostasie, dans la nuit du jeudi au vendredi saint.
« 3. Le Pape St Libère n’a jamais excommunié St Athanase ainsi que le démontrent de nombreux historiens dont Darras (Hist. De l’Église t. IX, p. 512, n° 42) Berchillion (Dissertation sur la prétendue chute du Pape Libère). Mise en circulation par l’arien Philostorgue, cette calomnie prétend reposer sur une lettre de St Hilaire et une de St Jérôme, dont on a démontré qu’elles étaient des faux.
Le recours à la position de Mgr Lefebvre est un trompe l’œil, car d’une part personne, surtout pas Mgr Lefebvre lui-même, ne peut prétendre que le fondateur de la FSSPX ai été infaillible et d’autre part parce qu’il est mort depuis 20 ans. Aussi, depuis la disparition de Mgr Lefebvre, qui dispense cet « enseignement de la FSSPX auquel tous doivent s’en remettre dans la crise de l‘Église », comme dit de Cacqueray ? Que l’on ne nous réponde pas qu’il s’agit de Mgr Fellay. Personne ne dit que Mgr Fellay est infaillible, personne n’envisage une quelconque prépondérance entre l’enseignement de Mgr Fellay et celui de l’un des trois autres évêques ; personne même n’envisage que l’enseignement de l’un des quelconques quatre évêques de la FSSPX ait une prépondérance quelconque sur ce qu’écrit tel dominicain d’Avrillé dans Le sel de la terre ou tel prêtre de la FSSPX dans Fideliter.